- DesolationRowEmpereur
Oudemia a écrit:Iphigénie a écrit:Hors sujet @ DR ou Nlm
- Spoiler:
Tu as compris toi pourquoi on a remplacé rosa par causa ou gratia dans la diversité des bouquins scolaire de latin? À part pour dire qu’on change parce qu’on le vaut bien ? Il y avait vraiment une raison scientifique?
- Spoiler:
C'est parce que rosa n'est pas authentique, trop peu visible dans les tables de fréquence On trouve aussi via comme modèle
Bon sang mais on ne me dit vraiment jamais rien, à moi.
- OudemiaBon génie
Mais j'ai continué à faire apprendre rosa, en expliquant aux élèves que c'était au nom de la tradition
- Spoiler:
Et en souvenir du vieux curé de notre village qui m'avait dit avant mon entrée en 6e "Ah, tu vas apprendre rosa la rose rosa ô rose rosam la rose rosae de la rose", ce à quoi je n'avais strictement rien compris , bien sûr.
- IphigénieProphète
Tu n’as pas remarqué que tes étudiants hésitent et réfléchissent très longtemps ( normal ils ont eu différents bouquins) quand tu leur demandes quelle déclinaison ? On n’arrête plus les progrès .DesolationRow a écrit:Oudemia a écrit:Iphigénie a écrit:Hors sujet @ DR ou Nlm
- Spoiler:
Tu as compris toi pourquoi on a remplacé rosa par causa ou gratia dans la diversité des bouquins scolaire de latin? À part pour dire qu’on change parce qu’on le vaut bien ? Il y avait vraiment une raison scientifique?
- Spoiler:
C'est parce que rosa n'est pas authentique, trop peu visible dans les tables de fréquence On trouve aussi via comme modèle
Bon sang mais on ne me dit vraiment jamais rien, à moi.
- IphigénieProphète
Bénie sois-tu, ma fille . : moi je m’arrachais les cheveux tous les ans en seconde avec neuf collèges différents de recrutement …..Oudemia a écrit:Mais j'ai continué à faire apprendre rosa, en expliquant aux élèves que c'était au nom de la tradition
- Spoiler:
Et en souvenir du vieux curé de notre village qui m'avait dit avant mon entrée en 6e "Ah, tu vas apprendre rosa la rose rosa ô rose rosam la rose rosae de la rose", ce à quoi je n'avais strictement rien compris , bien sûr.
Mais assez spoilé/ revenons à l’intérêt des exemples-type !
- A TuinVénérable
Lord Steven a écrit:dandelion a écrit:Bon, ben, j’ai enquêté auprès d’un échantillon d’Américains hautement éduqués, dont des enseignants, et aucun n’a trouvé la phrase fautive, ou surprenante. O tempora, o mores (exemple galvaudé tout droit sorti des années 70).
Fautive certes non, mais vraiment utilisée ? Cela sonne un peu comme un manuel d'histoire naturelle quand même non?
N'empêche. Ça peut avoir des airs de querelle des Anciens et des Modernes, mais l'emploi d'exemples types participe de la construction d'une culture commune, et en cela c'est le bien.
J'ai déjà vu un chat manger une souris.... Pour le contexte il suffit juste d'avoir un chat en pleine nature.....sinon ça mange aussi des oiseaux, et des croquettes si c'est un chat d'intérieur ...
Sinon, de lire "Le Vieux chat et la jeune souris" de La Fontaine....
"Rosa" en latin très bien ! Culture commune.
C'est ce qui reste à la fin, c'est un liant comme un autre, parmi d'autres mais néanmoins intéressant, entre générations.
Le problème sous-jacent c'est que par de tous petits pas, peut se détruire ainsi progressivement l'idée même de culture commune....
Je lirai les arguments proposés avec soin ...
Hocam a écrit:Même pas ; ce ne serait pas un problème si ça sonnait comme un manuel d'histoire naturelle, mais pour le coup je ne vois pas quel manuel écrirait « The cat eats the mouse », non.Lord Steven a écrit:Cela sonne un peu comme un manuel d'histoire naturelle quand même non?
Forcément. En même temps les manuels suivent très bien l'air du temps, pour autant ce n'est pas forcément la référence absolue, ça se saurait ....
La raison même du manuel, c'est d'être lisse, inattaquable ... Le plus policé possible par rapport à l'air du temps.
- CasparProphète
Ce qu'il peut dire en tout cas est qu'écrire "The cat eats the mouse" au tableau n'est pas du tout dans l'aire du temps et qu'il se ferait probablement dézinguer par un IPR (grammaire hors contexte etc etc).
- A TuinVénérable
Caspar a écrit:Ce qu'il peut dire en tout cas est qu'écrire "The cat eats the mouse" au tableau n'est pas du tout dans l'aire du temps et qu'il se ferait probablement dézinguer par un IPR (grammaire hors contexte etc etc).
Voui. Toutàfait.
- lene75Prophète
doubledecker a écrit:comment je ne vais pas retourner dans ma région? mais pour l'avancement il suffit que j'aille demander une augmentation à la principale, c'est elle qui m'emploie...
Il était vraiment arrivé là par hasard, lui !
- ElaïnaDevin
lene75 a écrit:doubledecker a écrit:comment je ne vais pas retourner dans ma région? mais pour l'avancement il suffit que j'aille demander une augmentation à la principale, c'est elle qui m'emploie...
Il était vraiment arrivé là par hasard, lui !
C'est bien ce que je disais sur l'autre fil, y'en a qui sont bien allumés quand même... Je n'arrive pas à comprendre comment on peut débouler dans un métier en ignorant autant son fonctionnement.
Bon cela étant je ne suis même pas si étonnée que ça, mon mari me disait parfois avoir été confronté à des gens qui lui sortaient des trucs à base de "je vais monter ma boîte de vente de tel truc en ligne", et qui n'avaient aucune idée de ce qu'était une plateforme de vente en ligne, ni un contrat de fournisseur, ni rien de rien. Forcément ça pouvait vite devenir cocasse.
J'ai fini par voir le reportage, il y a un côté béni oui oui assez horripilant, mais pour connaître un certain nombre de personnes qui ont quitté une carrière type ingénieur, avocat, etc, pour se reconvertir dans le professorat, je serais plus nuancée. Oui, certains sont vraiment soulagés de laisser le monde de l'entreprise ou de la profession libérale, notamment les femmes qui ne s'en sortaient pas en termes de vie de famille. Evidemment, il faut sortir du cliché "tu es prof, c'est bien pour avoir des enfants hein", mais quand on est avocate et qu'on fait du 8h-23h quasi non stop en ramenant en plus du boulot le dimanche le tout sans parfois faire face à ses charges si on est en indépendant (car non tous les avocats ne gagnent pas des cents et des milles), c'est encore plus compliqué d'avoir une vie de famille. S'il est évident que le prof ne travaille pas 20h par semaine, il a quand même des avantages certains en termes d'horaires passé le stage et les premières années.
Après, il y a aussi de ces reconvertis qui se fracassent, et ça fait vraiment de la peine. J'en ai vu, des cadres virés à l'aube de la cinquantaine, qui n'avaient que le CAPES comme horizon pour échapper au chômage, qui ont tenté et n'ont pas tenu, pour des tas de raisons, eh bien, c'est moche.
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It took me forty years to realize this. But for guys like us... our lives aren't really our own. There's always someone new to help. Someone we need to protect. These past few years, I fought that fate with all I had. But I'm done fighting. It's time I accept the hand I was dealt. Too many people depend on us. Their dreams depend on us.
Kiryu Kazuma inYakuza 4 Remastered
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- mimiNiveau 9
Tous les cadres, 5 au total, qui sont arrivés dans mon ex collège soit vacataires, soit certifiés (3) ont éclaté en vol en un trimestre.
Plus que la découverte ahurissante qu'un prof travaille,c'est la gestion des classes qui les a achevés.
Ils n'étaient pas épouvantables mes petits banlieusards, mais demandaient tout de même un peu de technique.
Or, dans la mesure où ma ville était tranquille, enfin jusqu'à ce pauvre Paty, ils ne pensaient pas une seconde trouver en face d'eux des ados parfois problématiques.
Donc ça + le fait qu'on ne punissait plus comme à leur époque, implosion.
Plus que la découverte ahurissante qu'un prof travaille,c'est la gestion des classes qui les a achevés.
Ils n'étaient pas épouvantables mes petits banlieusards, mais demandaient tout de même un peu de technique.
Or, dans la mesure où ma ville était tranquille, enfin jusqu'à ce pauvre Paty, ils ne pensaient pas une seconde trouver en face d'eux des ados parfois problématiques.
Donc ça + le fait qu'on ne punissait plus comme à leur époque, implosion.
- Ajonc35Sage
Se fracasser, il n'y a pas que les reconvertis. Il y a déjà quelques années, au moins 10 ans et sans doute plus une connaissance, qui enseignait au collège, a repris le chemin du collège après x années de disponibilité ( elle a eu 5 enfants), elle a tenu une année ( et encore parce qu'elle avait une forme de conscience professionnelle) et a stoppé net. Elle connaissait le milieu mais les adolescents agités non ( et sans doute autre chose, des programmes ayant changé par exemple avec l'obligation de tout refaire, etc...)
- lene75Prophète
Oui, c'est ça qui n'est pas réaliste dans ce reportage : les conditions d'enseignement exceptionnellement bonnes, tant dans le nombre d'élèves par classe que dans leur comportement (avec vraisemblablement une partie de mise en scène), leur profil sociologique, leur façon de parler et jusque dans leur manière de s'habiller (et l'absence d'écouteurs et de casquettes). Sans compter que de la banlieue parisienne on ne verra que du privé hyper sélect, les deux autres exerçant en bord de mer dans des coins quand même vachement sympas. Ces conditions existent peut-être, mais on aurait pu s'attendre à un peu de diversité pour montrer les différentes facettes du métier. Évidemment, dans les conditions montrées dans le reportage, pas mal de gens trouveraient leur compte à faire ce métier. C'est au minimum de l'ordre du mensonge par omission.
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Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
- CasparProphète
En journalisme on appelle ça un "angle".lene75 a écrit:Oui, c'est ça qui n'est pas réaliste dans ce reportage : les conditions d'enseignement exceptionnellement bonnes, tant dans le nombre d'élèves par classe que dans leur comportement (avec vraisemblablement une partie de mise en scène), leur profil sociologique, leur façon de parler et jusque dans leur manière de s'habiller (et l'absence d'écouteurs et de casquettes). Sans compter que de la banlieue parisienne on ne verra que du privé hyper sélect, les deux autres exerçant en bord de mer dans des coins quand même vachement sympas. Ces conditions existent peut-être, mais on aurait pu s'attendre à un peu de diversité pour montrer les différentes facettes du métier. Évidemment, dans les conditions montrées dans le reportage, pas mal de gens trouveraient leur compte à faire ce métier. C'est au minimum de l'ordre du mensonge par omission.
- UntitledNiveau 8
Caspar a écrit:En journalisme on appelle ça un "angle".
Ou une légère propagande, peut-être...!
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« Los pájaros nacidos en jaula creen que volar es una enfermedad. »
- CasparProphète
Complotiste. Blague à part, je ne pense pas qu'il s'agisse de propagande. Juste un reportage feel good sur "le plus beau métier du monde" mais dans deux mois on aura peut-être "jeunes profs dans l'enfer des banlieues" pour équilibrer.Untitled a écrit:Caspar a écrit:En journalisme on appelle ça un "angle".
Ou une légère propagande, peut-être...!
- HORAHabitué du forum
Caspar a écrit:Complotiste. Blague à part, je ne pense pas qu'il s'agisse de propagande. Juste un reportage feel good sur "le plus beau métier du monde" mais dans deux mois on aura peut-être "jeunes profs dans l'enfer des banlieues" pour équilibrer.Untitled a écrit:Caspar a écrit:En journalisme on appelle ça un "angle".
Ou une légère propagande, peut-être...!
Pas plus tard qu'aujourd'hui, dans l'Express
https://www.lexpress.fr/education/ce-metier-nous-bousille-le-burn-out-generalise-des-enseignants_2173981.html
Quand elle était enfant et qu'on lui demandait quel métier elle voudrait exercer plus tard, Léna Gomez répondait "professeure". Ses parents, sa tante ou son parrain, tous enseignants, rétorquaient aussitôt : "Ne fais jamais ça". Découragée par les difficultés qu'implique le métier, la jeune femme de 23 ans a suivi ce conseil, optant finalement pour le journalisme. "On ne le souhaite pas à nos enfants", admet Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU, dans un rire gêné.
- UntitledNiveau 8
"Profs heureux" d'un côté, "profs dépressifs" de l'autre. C'est pratique, ça permet de se rassurer en se disant qu'il n'y a là que des problématiques individuelles. Perso j'attends toujours qu'un journaliste réalise un vrai travail d'investigation sur le sujet.
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« Los pájaros nacidos en jaula creen que volar es una enfermedad. »
- frecheGrand sage
Pour le nombre d'élèves dans les classes, nous avons eu un reportage il y aune dizaine d'année au collège, et ça aurait pu aussi donner l'impression de classes peut chargées, car quand on enlève les élèves dont les parents ne souhaitent pas qu'ils apparaissent à l'écran, il ne reste pas toujours beaucoup de monde.
- CasparProphète
Il y a eu le long reportage "Une vie de prof" sur la 6, qui était bien fait et nuancé, mais c'était il y a plus de vingt ans.Untitled a écrit:"Profs heureux" d'un côté, "profs dépressifs" de l'autre. C'est pratique, ça permet de se rassurer en se disant qu'il n'y a là que des problématiques individuelles. Perso j'attends toujours qu'un journaliste réalise un vrai travail d'investigation sur le sujet.
- mimiNiveau 9
Un des problèmes est que se laisser filmer en train de gérer une classe infecte, si tant est qu'elle le demeure face à caméra, relève du masochisme.
Le public est parfaitement prêt à voir des policiers insultés dans les cités par des délinquants .Beaucoup moins par les chères têtes blondes,qui restent des "enfants",comme me l'avait fait remarquer une collègue allumée face à une horreur de 15 ans, dealer en son domaine,perturbateur chez nous et terreur des sixièmes.
Alors certes,la gestion de classe n'est qu'un des très nombreux problèmes de l EN.
Mais elle contribue pas mal aux démissions ou burn outs et le prof dépassé est systématiquement soumis au soupçon, voire à l'opprobre.
Le public est parfaitement prêt à voir des policiers insultés dans les cités par des délinquants .Beaucoup moins par les chères têtes blondes,qui restent des "enfants",comme me l'avait fait remarquer une collègue allumée face à une horreur de 15 ans, dealer en son domaine,perturbateur chez nous et terreur des sixièmes.
Alors certes,la gestion de classe n'est qu'un des très nombreux problèmes de l EN.
Mais elle contribue pas mal aux démissions ou burn outs et le prof dépassé est systématiquement soumis au soupçon, voire à l'opprobre.
- Durande&DéruchetteNiveau 3
Je suis en reconversion, et je suis pour le moins ébaubie de lire que certains se lancent dans l'aventure sans s'être renseigné avant. Je n'ai pas vu le reportage, mais dans ce que j'ai lu ici, ça ne reflète pas vraiment la réalité, c'est sûr. Je me demande s'il y est fait mention de l'année de stage ? Cette année infernale, à jongler entre nos élèves, l'Inspé, durant laquelle nous sommes plus ou moins jetés en pâture sans préparation, évalués sans cesse avec plus ou moins de cette sacro-sainte bienveillance. Pour le moment, j'en suis là, l'année s'est bien déroulée pour moi pour plusieurs raisons : d'abord j'étais bien renseignée (merci Néo !), ensuite j'ai une grosse capacité de travail, et assez peu d'illusion, et enfin, j'ai plus de 40 ans : j'ai travaillé dans le privé pendant 20 ans, j'en suis ressortie essorée et je voulais faire un autre métier plus proche de ce que j'aime faire, et j'aime enseigner. J'ajoute que j'ai été très bien accompagnée par mon tuteur et j'ai bénéficié d'un emploi du temps aux petits oignons qui m'a bien aidée. Cette année, je me suis liée d'amitié avec une autre stagiaire en reconversion, mère de famille comme moi et nous nous sommes très souvent dit que nous n'aurions pas pu faire cette année de stage et vivre toutes ces difficultés à 25 ans à la sortie de la fac. Je suis mère célibataire ce qui rajoutait une difficulté supplémentaire, pourtant ma situation m'a paradoxalement aidée : j'ai dû m'organiser de manière presque martiale, et être extrêmement rigoureuse. Plusieurs stagiaires ont démissionné dans ma promo, et je les comprends : je n'aurais sûrement pas tenu à leur âge.
Pour le moment, je ne regrette pas mon choix (j'attends ma première affectation, on verra à ce moment là !), je me sens à ma place. Je fais un métier qui me plaît, qui est difficile et dévalorisé, mais mon expérience dans le privé a été tellement décevante (devoir faire avec les ambitions des petits chefs par exemple) que je suis ravie de m'en être extraite. Je trouve assez vain de comparer sans cesse le privé et l'EN : les deux offrent des avantages et des inconvénients, reste à trouver ce qui nous convient le mieux.
Pour le moment, je ne regrette pas mon choix (j'attends ma première affectation, on verra à ce moment là !), je me sens à ma place. Je fais un métier qui me plaît, qui est difficile et dévalorisé, mais mon expérience dans le privé a été tellement décevante (devoir faire avec les ambitions des petits chefs par exemple) que je suis ravie de m'en être extraite. Je trouve assez vain de comparer sans cesse le privé et l'EN : les deux offrent des avantages et des inconvénients, reste à trouver ce qui nous convient le mieux.
- DaphnéDemi-dieu
Durande&Déruchette a écrit:Je suis en reconversion, et je suis pour le moins ébaubie de lire que certains se lancent dans l'aventure sans s'être renseigné avant. Je n'ai pas vu le reportage, mais dans ce que j'ai lu ici, ça ne reflète pas vraiment la réalité, c'est sûr. Je me demande s'il y est fait mention de l'année de stage ? Cette année infernale, à jongler entre nos élèves, l'Inspé, durant laquelle nous sommes plus ou moins jetés en pâture sans préparation, évalués sans cesse avec plus ou moins de cette sacro-sainte bienveillance. Pour le moment, j'en suis là, l'année s'est bien déroulée pour moi pour plusieurs raisons : d'abord j'étais bien renseignée (merci Néo !), ensuite j'ai une grosse capacité de travail, et assez peu d'illusion, et enfin, j'ai plus de 40 ans : j'ai travaillé dans le privé pendant 20 ans, j'en suis ressortie essorée et je voulais faire un autre métier plus proche de ce que j'aime faire, et j'aime enseigner. J'ajoute que j'ai été très bien accompagnée par mon tuteur et j'ai bénéficié d'un emploi du temps aux petits oignons qui m'a bien aidée. Cette année, je me suis liée d'amitié avec une autre stagiaire en reconversion, mère de famille comme moi et nous nous sommes très souvent dit que nous n'aurions pas pu faire cette année de stage et vivre toutes ces difficultés à 25 ans à la sortie de la fac. Je suis mère célibataire ce qui rajoutait une difficulté supplémentaire, pourtant ma situation m'a paradoxalement aidée : j'ai dû m'organiser de manière presque martiale, et être extrêmement rigoureuse. Plusieurs stagiaires ont démissionné dans ma promo, et je les comprends : je n'aurais sûrement pas tenu à leur âge.
Pour le moment, je ne regrette pas mon choix (j'attends ma première affectation, on verra à ce moment là !), je me sens à ma place. Je fais un métier qui me plaît, qui est difficile et dévalorisé, mais mon expérience dans le privé a été tellement décevante (devoir faire avec les ambitions des petits chefs par exemple) que je suis ravie de m'en être extraite. Je trouve assez vain de comparer sans cesse le privé et l'EN : les deux offrent des avantages et des inconvénients, reste à trouver ce qui nous convient le mieux.
Ce message est parfait !
Bonne continuation dans la profession et bonne chance pour la mutation.
- lene75Prophète
Caspar a écrit:Il y a eu le long reportage "Une vie de prof" sur la 6, qui était bien fait et nuancé, mais c'était il y a plus de vingt ans.Untitled a écrit:"Profs heureux" d'un côté, "profs dépressifs" de l'autre. C'est pratique, ça permet de se rassurer en se disant qu'il n'y a là que des problématiques individuelles. Perso j'attends toujours qu'un journaliste réalise un vrai travail d'investigation sur le sujet.
30 ans ! Il n'a pas l'air d'être disponible en ligne.
Je suis retombée sur le reportage sur Goussainville tourné il y a 20 ans pour zone interdite, mais c'est un contexte très particulier, les plus graves problèmes venant de l'extérieur.
https://m.youtube.com/watch?v=wxFnZQMwFnY
On y entend quand même déjà toute la bienveillance de la hiérarchie : c'est l'apocalypse et tout ce que l'IA trouve à dire à une prof au bord du craquage parachutée là alors qu'elle vient du Sud, c'est que ça lui fait une ouverture culturelle. À quoi la prof répond fort à propos que s'entendre traiter de « sale p* » ou s'entendre dire « suce ma b* », on a déjà vu mieux comme ouverture culturelle. Bon là c'est extrême dans l'autre sens, même si ça existe.
- A TuinVénérable
lene75 a écrit:[ c'est l'apocalypse et tout ce que l'IA trouve à dire à une prof au bord du craquage parachutée là alors qu'elle vient du Sud, c'est que ça lui fait une ouverture culturelle. À quoi la prof répond fort à propos que s'entendre traiter de « sale p* » ou s'entendre dire « suce ma b* », on a déjà vu mieux comme ouverture culturelle. Bon là c'est extrême dans l'autre sens, même si ça existe.
Ah j'adore Il faut la garder cette répartie.
- somacNiveau 7
Durande&Déruchette a écrit:Je suis en reconversion, et je suis pour le moins ébaubie de lire que certains se lancent dans l'aventure sans s'être renseigné avant. Je n'ai pas vu le reportage, mais dans ce que j'ai lu ici, ça ne reflète pas vraiment la réalité, c'est sûr. Je me demande s'il y est fait mention de l'année de stage ? Cette année infernale, à jongler entre nos élèves, l'Inspé, durant laquelle nous sommes plus ou moins jetés en pâture sans préparation, évalués sans cesse avec plus ou moins de cette sacro-sainte bienveillance. Pour le moment, j'en suis là, l'année s'est bien déroulée pour moi pour plusieurs raisons : d'abord j'étais bien renseignée (merci Néo !), ensuite j'ai une grosse capacité de travail, et assez peu d'illusion, et enfin, j'ai plus de 40 ans : j'ai travaillé dans le privé pendant 20 ans, j'en suis ressortie essorée et je voulais faire un autre métier plus proche de ce que j'aime faire, et j'aime enseigner. J'ajoute que j'ai été très bien accompagnée par mon tuteur et j'ai bénéficié d'un emploi du temps aux petits oignons qui m'a bien aidée. Cette année, je me suis liée d'amitié avec une autre stagiaire en reconversion, mère de famille comme moi et nous nous sommes très souvent dit que nous n'aurions pas pu faire cette année de stage et vivre toutes ces difficultés à 25 ans à la sortie de la fac. Je suis mère célibataire ce qui rajoutait une difficulté supplémentaire, pourtant ma situation m'a paradoxalement aidée : j'ai dû m'organiser de manière presque martiale, et être extrêmement rigoureuse. Plusieurs stagiaires ont démissionné dans ma promo, et je les comprends : je n'aurais sûrement pas tenu à leur âge.
Pour le moment, je ne regrette pas mon choix (j'attends ma première affectation, on verra à ce moment là !), je me sens à ma place. Je fais un métier qui me plaît, qui est difficile et dévalorisé, mais mon expérience dans le privé a été tellement décevante (devoir faire avec les ambitions des petits chefs par exemple) que je suis ravie de m'en être extraite. Je trouve assez vain de comparer sans cesse le privé et l'EN : les deux offrent des avantages et des inconvénients, reste à trouver ce qui nous convient le mieux.
Oui. Ce sont 2 mondes souvent fermés à l'autre, avec pas mal de préjugés.
Il faudrait que les enseignants aillent passer du temps en entreprises et que les salariés en entreprises passent du temps dans les écoles, collèges, lycées.
Celles et ceux qui tentent la reconversion ont du mérite. S'ils ont une vision trop naïve de tel ou tel métier, ils s'en rendront vite compte.
somac (reconvertie enseignante il y a bien longtemps)
- DanskaProphète
somac a écrit:
Il faudrait que les enseignants aillent passer du temps en entreprises et que les salariés en entreprises passent du temps dans les écoles, collèges, lycées.
Celles et ceux qui tentent la reconversion ont du mérite. S'ils ont une vision trop naïve de tel ou tel métier, ils s'en rendront vite compte.
somac (reconvertie enseignante il y a bien longtemps)
Rappelons tout de même que les enseignants ne vivent pas dans un monde à part : ils ont des parents, des enfants, des conjoints, des frères ou sœurs, des amis... Et beaucoup n'ont pas sauté directement de l'école au professorat, dont toi-même d'ailleurs. Le bon vieux cliché du prof qui n'a jamais connu que l'école a quand même pris du plomb dans l'aile...
Par ailleurs "passer du temps en entreprise" n'a pas de sens : entre le grand groupe et la TPE, l'artisanat ou la production industrielle, le salarié en CDI ou l'intérimaire, selon le degré de hiérarchisation, le patron, les collègues, les syndicats, le secteur d'activité et ainsi de suite, les conditions de travail et le salaire n'auront rien à voir. Ce sont des métiers complètement différents - aussi différents que peut l'être un poste de stagiaire dans un collège difficile qu'un poste d'agrégé à Henri IV...
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