- User7570Niveau 6
doublecasquette a écrit:Melody Nelson a écrit:Ça fait vraiment partie du programme du PS ?
Je crois que nous touchons à la fin de la civilisation du savoir telle que la plupart d'entre nous pouvons l'entendre en tout cas. La fin de la culture, la vraie...
Purée.........
C'est en prépa que j'ai appris à travailler (entre autres).
Ça faisait déjà partie du programme commun de la gauche en 1974, ce qui n'a nullement empêché Mazarine Pingeot d'y être scolarisée. Alors calmez-vous tous et souvenez-vous que, comme l'a sagement dit Charles Pasqua, "les promesses électorales n'engagent que ceux qui les écoutent".
Il y a trop de gens aux manettes qui sont passés par les prépas et qui en gardent un esprit de corps pour qu'elles disparaissent.
Le seul pb des prépas, c'est qu'elles sont de plus en plus réservées aux initiés et héritiers.
ce qui pourrait arriver, c'est que les prépas gratuites disparaissent peu à peu mais qu'on en garde l'esprit et l'essence dans des structures privées payantes.
Ce que j'ai montré plus haut, c'est que les grandes écoles elles-mêmes, qui ambitionnent de devenir de super-facs avec un cursus interne dès la licence, veulent la fin des prépas telles qu'on les connaît, c'est-à-dire dispensant une formation de fond, exigeante, et déconnectée de la recherche car toute entière tournée vers la formation de l'esprit.
C'est très différent de ce qui se passait en 1974.
Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
- User7570Niveau 6
Mais je pense qu'entre partisans de la formation "par la recherche" et partisans de la formation sur le mode prépa/agrégation, il y a un véritable gouffre.
C'est dommage, d'ailleurs.
C'est dommage, d'ailleurs.
- User5899Demi-dieu
C'est tout de même assez rare qu'un lycéen de T L entreprenne des études d'ingénieur, même si le déficit de reconnaissance et la modicité des salaires universitaires contribuent à ne pas drainer des foules en furie.Aevin a écrit:Ou parce que les gens vraiment compétents ont tendance à faire des études d'ingénieur, parce que c'est mieux reconnu et que l'on y gagne plus d'argent.Aurore a écrit:Je pense notamment aux matières littéraires [...] : le niveau des étudiants de fac est proche du zéro pointé, faute de sélection et compte tenu du niveau cataclysmique du secondaire.
- User5899Demi-dieu
Bien sûr, mon époque est assez ancienne, mais pour les lettres, la différence ne tenait pas au niveau, mais bien à la démarche d'ensemble. Les cours de fac étaient bien trop spécialisés bien trop tôt. Quant aux Prag, pourquoi pas, mais attention à ce qu'ils ne redeviennent pas les porteurs de valise des universitaires.Ruthven a écrit:pour avoir été en L3 à l'université après deux ans de CPGE, je n'ai pas constaté de différence flagrante de niveau entre les cours.
- doublecasquetteEnchanteur
Mon vieux père qui en fut élève (ENS Saint Cloud) à l'aube des années cinquante, puis assistant ( 1962), puis directeur par interim (78-81), préfèrerait les voir fermées tant il les trouve dévoyées et inutiles ...swurm a écrit:Je précise que contrairement aux apparences l'ENS n'est plus du tout dans la continuité des classes préparatoires : elle se veut une formation "à la recherche par la recherche" (comprendre : une non-formation, où les étudiants sont complètement isolés ; où ils sont forcés de travailler sur des sujets totalement ineptes suivant le principe qu'il faut absolument dire quelque chose de "nouveau" ; et où ils sont obligés de lécher les bottes des enseignants-chercheurs, pour qui enseigner est une corvée à peu près comparable au fait de sortir les poubelles).
(J'y suis élève.)
- superheterodyneNiveau 9
Cripure a écrit:C'est tout de même assez rare qu'un lycéen de T L entreprenne des études d'ingénieur, même si le déficit de reconnaissance et la modicité des salaires universitaires contribuent à ne pas drainer des foules en furie.Aevin a écrit:Ou parce que les gens vraiment compétents ont tendance à faire des études d'ingénieur, parce que c'est mieux reconnu et que l'on y gagne plus d'argent.Aurore a écrit:Je pense notamment aux matières littéraires [...] : le niveau des étudiants de fac est proche du zéro pointé, faute de sélection et compte tenu du niveau cataclysmique du secondaire.
C'est d'ailleurs dommage, car des ingénieurs avec une solide culture humaniste seraient les bienvenus dans nombre de nos entreprises et institiutions.
_________________
« Tout agent, quelle que soit sa fonction, doit obéissance passive et immédiate aux signaux le concernant. »
- User5899Demi-dieu
Ca, c'est un réel problème, et sérieux, j'en vois l'ampleur à travers le cas de mon frangin. Le monde universitaire, aujourd'hui, est effarant de veulerie (et parfois, d'incompétence crasse, au niveau individuel).swurm a écrit:Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
- AevinHabitué du forum
Effectivement, c'est rare (à vrai dire, je n'ai jamais vu ça). En revanche, des élèves forts en littérature, Hist-Géo et/ou LV qui se jettent sur la série S pour ensuite faire des études scientifiques, c'est moins rare.Cripure a écrit:C'est tout de même assez rare qu'un lycéen de T L entreprenne des études d'ingénieur, même si le déficit de reconnaissance et la modicité des salaires universitaires contribuent à ne pas drainer des foules en furie.Aevin a écrit:Ou parce que les gens vraiment compétents ont tendance à faire des études d'ingénieur, parce que c'est mieux reconnu et que l'on y gagne plus d'argent.Aurore a écrit:Je pense notamment aux matières littéraires [...] : le niveau des étudiants de fac est proche du zéro pointé, faute de sélection et compte tenu du niveau cataclysmique du secondaire.
_________________
Automate - et fier de l'être [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Well, the travelling teachers do come through every few months," said the Baron.
"Yes, sir, I know sir, and they're useless. They teach facts, not understanding. It's like teaching people about forests by showing them a saw. I want a proper school, sir, to teach reading an writing, and most of all thinking, sir [...]"
Terry Pratchett - I Shall Wear Midnight
... und wer Fehler findet, kann sie behalten!
- User5899Demi-dieu
Je suis entièrement d'accord avec vous et je milite dans mon lycée pour qu'on en finisse avec les discours sur l'esprit littéraire ou l'esprit scientifique.superheterodyne a écrit:Cripure a écrit:C'est tout de même assez rare qu'un lycéen de T L entreprenne des études d'ingénieur, même si le déficit de reconnaissance et la modicité des salaires universitaires contribuent à ne pas drainer des foules en furie.Aevin a écrit:Ou parce que les gens vraiment compétents ont tendance à faire des études d'ingénieur, parce que c'est mieux reconnu et que l'on y gagne plus d'argent.Aurore a écrit:Je pense notamment aux matières littéraires [...] : le niveau des étudiants de fac est proche du zéro pointé, faute de sélection et compte tenu du niveau cataclysmique du secondaire.
C'est d'ailleurs dommage, car des ingénieurs avec une solide culture humaniste seraient les bienvenus dans nombre de nos entreprises et institiutions.
- doublecasquetteEnchanteur
swurm a écrit:[
Ce que j'ai montré plus haut, c'est que les grandes écoles elles-mêmes, qui ambitionnent de devenir de super-facs avec un cursus interne dès la licence, veulent la fin des prépas telles qu'on les connaît, c'est-à-dire dispensant une formation de fond, exigeante, et déconnectée de la recherche car toute entière tournée vers la formation de l'esprit.
C'est très différent de ce qui se passait en 1974.
Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
Pour abonder dans ce sens, et m'étant penchée pour raisons familiales sur le programme horaire des prépas intégrées aux écoles d'ingé, on n'y trouve pas la moindre petite heure de français-philo et encore moins de programme de littérature avec œuvres au programme.
Donc, CQFD
- doublecasquetteEnchanteur
Je suis certaine, pour mon cas, que ma note en dissertation française m'a donné au moins cent à deux cents places d'avance au concours d'entrée à l'école véto.
Le coef était faible mais vu que les candidats se tenaient au quart de point ou même moins, transcender en dissert faisait pencher la balance, et très largement.
Le coef était faible mais vu que les candidats se tenaient au quart de point ou même moins, transcender en dissert faisait pencher la balance, et très largement.
- HannibalHabitué du forum
swurm a écrit:
Ce que j'ai montré plus haut, c'est que les grandes écoles elles-mêmes, qui ambitionnent de devenir de super-facs avec un cursus interne dès la licence, veulent la fin des prépas telles qu'on les connaît, c'est-à-dire dispensant une formation de fond, exigeante, et déconnectée de la recherche car toute entière tournée vers la formation de l'esprit.
C'est très différent de ce qui se passait en 1974.
Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
La priorité donnée à la recherche sur l'enseignement à la fac n'est vraiment pas au bénéfice des étudiants. Il y reste des gens qui ont à coeur d'enseigner réellement, heureusement, mais combien n'en ont ni la capacité ni même l'ambition...
- AuroreEsprit éclairé
superheterodyne a écrit:Aurore a écrit:
Les disciples de Gustave Moreau (Matisse, Rouault, Marquet, Valtat...) n'ont assurément pas marqué l'histoire de l'art.
Bien sûr que si, mais aucun d'entre eux n'a été lauréat du Prix de Rome, pas plus que Moreau lui-même ! As-tu lu en détail mon message ?
Par ailleurs, je parlais principalement de l'art d'après 1945 (d'où ma référence à documenta).
Je te laisse tirer les conclusions que tu veux...
Je ne défendais pas le Prix de Rome en lui-même (effectivement anecdotique), mais un certain type de formation combinant des aptitudes techniques reconnues à une connaissance intime du patrimoine artistique, et ne se basant pas uniquement sur de l'art contemporain. De même qu'on ne devient pas romancier sans connaître intimement les ressources de la langue et sans avoir lu une ligne de Flaubert ou de Dostoïevski, pour ne citer qu'eux... La subversion ne naît que lorsqu'une certaine norme a été assimilée puis dépassée : faute de cette dernière, il ne reste que les postures "innovantes" et "créatives" qui ne sont qu'un des multiples visages du conformisme.
Il est contradictoire d'affirmer d'un côté que Moreau et ses élèves étaient des artistes non conformes, et se référer dans le même temps à la muséification des artistes contemporains. Les novateurs de 1870 ou de 1900 n'étaient pas muséifiés, loin de là (contrairement à l'avant-garde académique actuelle entretenue à coup de millions d'euros de subventions ministérielles). En revanche, on n'a jamais autant accordé de crédit aux Pompiers que de nos jours, dans les musées comme sur le marché de l'art.
Bref, les conclusions à en tirer... sont on ne peut plus complexes.
- AuroreEsprit éclairé
swurm a écrit:Ce que j'ai montré plus haut, c'est que les grandes écoles elles-mêmes, qui ambitionnent de devenir de super-facs avec un cursus interne dès la licence, veulent la fin des prépas telles qu'on les connaît, c'est-à-dire dispensant une formation de fond, exigeante, et déconnectée de la recherche car toute entière tournée vers la formation de l'esprit.
C'est très différent de ce qui se passait en 1974.
Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
- barègesÉrudit
swurm a écrit:Mais je pense qu'entre partisans de la formation "par la recherche" et partisans de la formation sur le mode prépa/agrégation, il y a un véritable gouffre.
C'est dommage, d'ailleurs.
"Formation par la recherche"... C'est bizarre.
La recherche, pour moi, c'est ce à quoi on arrive après une formation généraliste sûre. En fac, la recherche n'intervenait qu'après trois ans au moins de formation générale dans la matière. Et heureusement qu'il y avait l'année de préparation aux concours après, parce que je ne me serais pas vue aller enseigner après ma maîtrise.
- AuroreEsprit éclairé
barèges a écrit:swurm a écrit:Mais je pense qu'entre partisans de la formation "par la recherche" et partisans de la formation sur le mode prépa/agrégation, il y a un véritable gouffre.
C'est dommage, d'ailleurs.
"Formation par la recherche"... C'est bizarre.
La recherche, pour moi, c'est ce à quoi on arrive après une formation généraliste sûre. En fac, la recherche n'intervenait qu'après trois ans au moins de formation générale dans la matière. Et heureusement qu'il y avait l'année de préparation aux concours après, parce que je ne me serais pas vue aller enseigner après ma maîtrise.
Les géniaux inventeurs du "tous artistes" et du "tout culturel" nous vendent à présent le "tous chercheurs". Rien de plus logique.
- AevinHabitué du forum
Toujours mieux que vous peudo-menaces de mort :Abraxas a écrit:Alors, Aevin, on n'a pas d'autre argument que l'invective ?
Abraxas a écrit:
Aevin, en vérité, je vous le dis — et je reste mesuré : vos amis et vous êtes responsable du désastre scolaire actuel. Le jour où un gouvernement sérieux et républicain viendra au pouvoir (et il faudra un vrai mouvement populaire pour ça), on vous collera contre un mur pour avoir trahi la République, et anéanti des classes entières sous prétexte de les prendre mieux en considération.
L'extrême-gauche et l'extrême-droite n'ont jamais été bien éloignées l'une de l'autre. La mentalité totalitaire est la même.Abraxas a écrit:Et pour que vous soyez bien informé, j'arrive de l'extrême-gauche, et j'y suis resté. Alors, soyez libéral tant que vous voulez — pour moi, vous êtes une cible.
_________________
Automate - et fier de l'être [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Well, the travelling teachers do come through every few months," said the Baron.
"Yes, sir, I know sir, and they're useless. They teach facts, not understanding. It's like teaching people about forests by showing them a saw. I want a proper school, sir, to teach reading an writing, and most of all thinking, sir [...]"
Terry Pratchett - I Shall Wear Midnight
... und wer Fehler findet, kann sie behalten!
- User7570Niveau 6
barèges a écrit:swurm a écrit:Mais je pense qu'entre partisans de la formation "par la recherche" et partisans de la formation sur le mode prépa/agrégation, il y a un véritable gouffre.
C'est dommage, d'ailleurs.
"Formation par la recherche"... C'est bizarre.
La recherche, pour moi, c'est ce à quoi on arrive après une formation généraliste sûre. En fac, la recherche n'intervenait qu'après trois ans au moins de formation générale dans la matière. Et heureusement qu'il y avait l'année de préparation aux concours après, parce que je ne me serais pas vue aller enseigner après ma maîtrise.
Maintenant, les années de licence ne dispensent que rarement une formation générale : les cours y sont très spécialisés (de quasi-séminaires). Car ce sont la plupart du temps des thésards qui font cours sur leur sujet de thèse. Résultats : les étudiants d'université ont très souvent une vision totalement éclatée et morcelée du monde de la culture.
L'idée est qu'en sortant du lycée, les étudiants ont achevé leur formation de fond (ce qui est totalement illusoire) et qu'il faut maintenant les entraîner à se spécialiser.
Et avec la masterisation, ça ne s'est pas arrangé, car il faut maintenant avoir un M2 (équivalent de DEA) pour passer les concours.
La prépa dispense encore cette formation généraliste indispensable, à de trop rares élus malheureusement... mais pour combien de temps ?
"Tous chercheurs", oui c'est ce qu'ils veulent nous faire croire, car il faut bien des étudiants pour justifier les postes des chercheurs en place... Et c'est ainsi qu'on encourage des étudiants à faire une thèse en sachant pertinemment qu'ils n'auront pas le moindre poste.
Cela dit, et heureusement, il y a, à l'université, quelques rares professeurs (souvent d'anciens profs de prépa) qui font exception. C'est toujours un vrai bonheur.
- User5899Demi-dieu
Ca, c'est une pirouette. Et pourtant, la précision d'Abraxas n'est pas anodine.Aevin a écrit:L'extrême-gauche et l'extrême-droite n'ont jamais été bien éloignées l'une de l'autre. La mentalité totalitaire est la même.Abraxas a écrit:Et pour que vous soyez bien informé, j'arrive de l'extrême-gauche, et j'y suis resté. Alors, soyez libéral tant que vous voulez — pour moi, vous êtes une cible.
- JacqGuide spirituel
Abraxas a écrit: Il y a du Khmer vert chez ces gens-là.
+1000
- grandesvacancesNeoprof expérimenté
Hannibal a écrit:
Le risque ne réside d'ailleurs pas tant dans une disparition de ces prépas mais dans leur rattachement à une université, qui viderait en douceur le contenu de l'enseignement pour le remplacer par la "merde" qu'on nous sert à la fac : cours ultra-spécialisés, médiocres et sans liens entre eux, administration labyrinthique, semestrialisation, profs faisant de la pub pour leurs bouquins, exploitant leurs étudiants en réutilisant leurs travaux, ambition, népotisme, flagornerie, etc.
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
La priorité donnée à la recherche sur l'enseignement à la fac n'est vraiment pas au bénéfice des étudiants. Il y reste des gens qui ont à coeur d'enseigner réellement, heureusement, mais combien n'en ont ni la capacité ni même l'ambition...[/quote]
swurm a écrit:
Maintenant, les années de licence ne dispensent que rarement une formation générale : les cours y sont très spécialisés (de quasi-séminaires). Car ce sont la plupart du temps des thésards qui font cours sur leur sujet de thèse. Résultats : les étudiants d'université ont très souvent une vision totalement éclatée et morcelée du monde de la culture.
L'idée est qu'en sortant du lycée, les étudiants ont achevé leur formation de fond (ce qui est totalement illusoire) et qu'il faut maintenant les entraîner à se spécialiser.
Et avec la masterisation, ça ne s'est pas arrangé, car il faut maintenant avoir un M2 (équivalent de DEA) pour passer les concours.
La prépa dispense encore cette formation généraliste indispensable, à de trop rares élus malheureusement... mais pour combien de temps ?
"Tous chercheurs", oui c'est ce qu'ils veulent nous faire croire, car il faut bien des étudiants pour justifier les postes des chercheurs en place... Et c'est ainsi qu'on encourage des étudiants à faire une thèse en sachant pertinemment qu'ils n'auront pas le moindre poste.
Cela dit, et heureusement, il y a, à l'université, quelques rares professeurs (souvent d'anciens profs de prépa) qui font exception. C'est toujours un vrai bonheur.
+ 1 ! Les universitaires, ou du moins certains d'entre eux, voudraient-ils phagocyter les prépas comme ils ont absorbé les uifm voici quelques années ?
L'excellence discrète est fort mal récompensée...
Je fais partie de ceux qui doivent infiniment à l'enseignement dispensé en CPGE. C'était il y a longtemps, mais l'une de mes filles a connu la même expérience.
- roxanneOracle
ah mais tous mes collègues qui sont à fond pour le socle, les projets , qui trouvent les devoirs discriminants , ont leurs gamins en S euro et en prépa ..faut pas déconner.Aurore a écrit:Celadon a écrit:Parce que justement, faites ce que je dis et pas ce que je fais. On en a connu d'autres !
Oui, mais à ce point, c'est d'une indécence sans précédent. Plus c'est gros, plus ça passe.
- CondorcetOracle
Cripure a écrit:Bien sûr, mon époque est assez ancienne, mais pour les lettres, la différence ne tenait pas au niveau, mais bien à la démarche d'ensemble. Les cours de fac étaient bien trop spécialisés bien trop tôt. Quant aux Prag, pourquoi pas, mais attention à ce qu'ils ne redeviennent pas les porteurs de valise des universitaires.Ruthven a écrit:pour avoir été en L3 à l'université après deux ans de CPGE, je n'ai pas constaté de différence flagrante de niveau entre les cours.
En histoire, l'enseignement en DEUG puis en licence était en bon aloi. En revanche, la géographie était sujette à caution. Je ne dois en revanche mes premières connaissances en sciences humaines qu'à mes lectures personnelles.
- JacqGuide spirituel
swurm a écrit:Maintenant, les années de licence ne dispensent que rarement une formation générale : les cours y sont très spécialisés (de quasi-séminaires). [...] L'idée est qu'en sortant du lycée, les étudiants ont achevé leur formation de fond (ce qui est totalement illusoire) et qu'il faut maintenant les entraîner à se spécialiser.
Oui, c'est ce que je redoute, car déjà à mon époque (lointaine, vers 1990) nos profs de fac (d'histoire aussi) commençaient par nous dire de reprendre toutes les bases chronologiques qui n'avaient pas été acquises au lycée. Donc en première année nous nous devions acquérir toutes ces bases déjà non acquises au lycée.
Etant donné ce que nos élèves ont de nos jours comme formation au lycée (pour reprendre tes propos concernant la fac : formation "éclatée et morcelée du monde de la culture", en histoire c'est de plus en plus le cas), si en DEUG-actuelle-licence ils ne font plus ce travail, cela laisse augurer le pire.
La spécialisation à "mon époque" se faisait seulement en maîtrise avec la recherche, si maintenant elle commence tôt mais sans les bases :
Jacq.
- CondorcetOracle
Jacq a écrit:swurm a écrit:Maintenant, les années de licence ne dispensent que rarement une formation générale : les cours y sont très spécialisés (de quasi-séminaires). [...] L'idée est qu'en sortant du lycée, les étudiants ont achevé leur formation de fond (ce qui est totalement illusoire) et qu'il faut maintenant les entraîner à se spécialiser.
Oui, c'est ce que je redoute, car déjà à mon époque (lointaine, vers 1990) nos profs de fac (d'histoire aussi) commençaient par nous dire de reprendre toutes les bases chronologiques qui n'avaient pas été acquises au lycée. Donc en première année nous nous devions acquérir toutes ces bases déjà non acquises au lycée.
Etant donné ce que nos élèves ont de nos jours comme formation au lycée (pour reprendre tes propos concernant la fac : formation "éclatée et morcelée du monde de la culture", en histoire c'est de plus en plus le cas), si en DEUG-actuelle-licence ils ne font plus ce travail, cela laisse augurer le pire.
La spécialisation à "mon époque" se faisait seulement en maîtrise avec la recherche, si maintenant elle commence tôt mais sans les bases :
Jacq.
+ 1.
- LédisséEsprit sacré
swurm a écrit:
Ce que j'ai montré plus haut, c'est que les grandes écoles elles-mêmes, qui ambitionnent de devenir de super-facs avec un cursus interne dès la licence, veulent la fin des prépas telles qu'on les connaît, c'est-à-dire dispensant une formation de fond, exigeante, et déconnectée de la recherche car toute entière tournée vers la formation de l'esprit.
[...]
L'idée est simple : détruire la culture humaniste pour la remplacer par un enseignement "par la recherche" à l'anglo-saxonne.
J'ai une question bête : POURQUOI ?
Je ne vois pas l'intérêt de cette destruction.
D'une part, produire de plus en plus de "chercheurs" ou assimilés, dont les "compétences" ne vaudront rien et auxquels on ne pourra fournir de postes, me semble un suicide économique (je me place sur le seul plan susceptible d'intéresser nos dirigeants).
D'autre part, même les élites sociales les plus hautes verront leurs héritiers souffrir de dégradation intellectuelle, puisqu'il n'y aura personne pour les former de manière satisfaisante... L'argent et le pouvoir ne protègent pas de tout : les nantis ne veulent-ils pas préserver leur propre asile ?
Il me semble qu'à tout point de vue, c'est couper la branche sur laquelle ils sont assis...
(Et à long terme, c'est un suicide de la nation, qui abdique sa propre qualité intellectuelle - sa faculté de juger, de penser... donc pour moi son humanité au sens le plus fort... suicide intellectuel - et moral -, pire que le suicide économique, dont on peut toujours se remettre ; mais évidemment ce long terme et cette dimension immatérielle ne soucie nullement les hautes sphères.)
Ayant infiniment moins de culture politique et d'expérience universitaire que vous (et m'étant peu intéressée, en insouciante, à ce qui se passait à l'Ecole tant que j'y étais) , je ne contribue pas plus à la discussion, mais je la suis avec le plus grand intérêt... Merci en particulier à Swurm et Aurore pour leurs exposés, malheureusement si alarmants.
_________________
Life is what happens to you while you're making other plans. John Lennon
Life is not governed by will or intention. Life is a question of nerves, and fibres, and slowly built-up cells in which thought hides itself and passion has its dreams. Oscar Wilde
Bien que femme, je me suis permis_ / demandé_ / rendu_ compte / fait_ désirer...[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] etc._ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum