- ImpasseNiveau 1
Le seul pb , c'est que le "pouvoir de nuisance" des enseignants (en tout cas au niveau des lycées) est très faible.
Le Ministere réalise qq économies sur les rémunérations, mais je ne pense pas que cela le traumatise plus que ça
Une grève de qq jours dans ces conditions est d'un effet limité.
On peut le regretter, mais c'est ainsi !
Des infos sur l'augmentation envisagée ?
J'ai cru comprendre que l'annonce est prévue mardi
Le Ministere réalise qq économies sur les rémunérations, mais je ne pense pas que cela le traumatise plus que ça
Une grève de qq jours dans ces conditions est d'un effet limité.
On peut le regretter, mais c'est ainsi !
Des infos sur l'augmentation envisagée ?
J'ai cru comprendre que l'annonce est prévue mardi
- epekeina.tes.ousiasModérateur
Prof Nazaire a écrit:epekeina.tes.ousias a écrit:Les enseignants ne sont pas réquisitionnables, n'étant pas personnels “d'autorité”. Reste qu'un CDE peut parfaitement donner l'ordre à tel ou tel profs d'effectuer des heures en plus (en cas d'absence, d'heures non pourvues) “dans l'intérêt du service”.
Est-ce que tu as des sources pour ce que tu écris ? Le CDE est-il obligé d'enlever des tâches pour en ajouter d'autres ? Je serais surpris qu'un CDE puisse te demander de remplacer 3 collègues absents pendant 6 mois et que tu ne puisse refuser sans être licencié ; il doit y avoir une limite.
Je rejoins les remarques de @Lagomorphe : je me dis qu'il doit bien y avoir d'autres choses dans nos contrats ou dans le code du travail qui fait qu'on ne peut pas imposer l'ajout de tâches à quelqu'un qu, en théorie, fait déjà ses 35 heures (ou équivalent annuel).
Ça n'est pas récent: https://www.20minutes.fr/france/68434-20060103-france-des-profs-desormais-requisitionnables — https://www.liberation.fr/societe/2007/03/20/le-decret-robien-en-sursis_14006/
Il faudrait combien de temps à l'actuel gouvernement pour prendre pareil décret “dans l'intérêt du service”, ne serait-ce qu'à titre provisoire?
Et évidemment, je désapprouve, pour dire le moins, le procédé. Mais je serais étonné que le gouvernement actuel hésite à employer les grands moyens.
_________________
Si tu vales valeo.
- LagomorpheFidèle du forum
Prof Nazaire a écrit:epekeina.tes.ousias a écrit:Les enseignants ne sont pas réquisitionnables, n'étant pas personnels “d'autorité”. Reste qu'un CDE peut parfaitement donner l'ordre à tel ou tel profs d'effectuer des heures en plus (en cas d'absence, d'heures non pourvues) “dans l'intérêt du service”.
Est-ce que tu as des sources pour ce que tu écris ? Le CDE est-il obligé d'enlever des tâches pour en ajouter d'autres ? Je serais surpris qu'un CDE puisse te demander de remplacer 3 collègues absents pendant 6 mois et que tu ne puisse refuser sans être licencié ; il doit y avoir une limite.
C'est marqué là:
Décret n°2005-1035 du 26 août 2005 relatif au remplacement de courte durée des personnels enseignants a écrit:Pour la mise en oeuvre dudit protocole, les personnels enseignants des établissements d'enseignement du second degré ne peuvent être tenus, conformément à leurs qualifications, d'assurer, en sus de leurs obligations de service telles que définies par les décrets du 25 mai 1950 et du 6 novembre 1992 susvisés, plus de soixante heures supplémentaires par année scolaire.
Ces heures supplémentaires donnent droit à rétribution spéciale dans des conditions déterminées par décret.
Un enseignant ne peut être tenu d'effectuer plus de cinq heures supplémentaires par semaine.
Ce texte ne concerne certes que les absences de courte durée (1 à 2 semaines), mais qui peuvent tout à fait cumuler 6 mois par petits arrêts de 2 semaines successifs. Il y a bien des limites: 60h/an et 5h/semaine - or pour arriver à 60h/an il faut bien que la durée des absences à remplacer se cumule sur plus de deux semaines. Certes également, le texte n'est applicable que si un protocole a été préalablement "élaboré, en concertation avec les équipes pédagogiques" et "présenté au CA", ce qui n'a jamais été fait dans mon établissement, mais qui pourrait l'être un jour et l'est peut-être ailleurs. Concertation n'impliquant nullement accord, et présentation au CA n'impliquant nullement vote.
Là encore, la riposte n'est pas à chercher dans l'exégèse des textes réglementaires : ponctuellement, j'ai accepté une fois en début de carrière de remplacer un collègue pour une heure bien placée dans mon emploi du temps, mais si on m'impose ce genre de rattrapage au-delà de mes capacités physiques, soit je file chez mon médecin - d'où cascades d'arrêts touchant progressivement tout le personnel, soit je fais grève - il y a donc encore plus d'heures à rattraper. C'est sans doute pour ça que ces remplacements De Robien n'ont jamais vraiment fonctionné: aucune paperasse ajoutée au BO ne saurait compenser le manque de moyens humains. Un décret ne produit pas des humains.
Edit: grillé par epekeina.tes.ousias, et désolé d'avoir répondu à sa place
- Prof NazaireNiveau 3
epekeina.tes.ousias a écrit:
Ça n'est pas récent: https://www.20minutes.fr/france/68434-20060103-france-des-profs-desormais-requisitionnables — https://www.liberation.fr/societe/2007/03/20/le-decret-robien-en-sursis_14006/
Il faudrait combien de temps à l'actuel gouvernement pour prendre pareil décret “dans l'intérêt du service”, ne serait-ce qu'à titre provisoire?
Et évidemment, je désapprouve, pour dire le moins, le procédé. Mais je serais étonné que le gouvernement actuel hésite à employer les grands moyens.
Venant d'une autre culture je suis effaré de voir qu'un employeur peu de fait modifier un contrat de travail sans négociation ni accord des employés concernés. Mais bon, je tente de saisir tout ça.
On continue
- gnafron2004Grand sage
On a pas de contrat de travail, c'est l'astuce...
- epekeina.tes.ousiasModérateur
gnafron2004 a écrit:On a pas de contrat de travail, c'est l'astuce...
Exactement: nous avons un statut — qui est fixé… par “l'employeur” (mais les circulaires rectorales et les décrets pris en conseil sont à sa disposition). Celui-ci étant à la fois juge et parti, ou si l'on préfère, protecteur et
_________________
Si tu vales valeo.
- LagomorpheFidèle du forum
Prof Nazaire a écrit:epekeina.tes.ousias a écrit:
Ça n'est pas récent: https://www.20minutes.fr/france/68434-20060103-france-des-profs-desormais-requisitionnables — https://www.liberation.fr/societe/2007/03/20/le-decret-robien-en-sursis_14006/
Il faudrait combien de temps à l'actuel gouvernement pour prendre pareil décret “dans l'intérêt du service”, ne serait-ce qu'à titre provisoire?
Et évidemment, je désapprouve, pour dire le moins, le procédé. Mais je serais étonné que le gouvernement actuel hésite à employer les grands moyens.
Venant d'une autre culture je suis effaré de voir qu'un employeur peu de fait modifier un contrat de travail sans négociation ni accord des employés concernés. Mais bon, je tente de saisir tout ça.
On continue
Bien qu'ayant toujours été fonctionnaire (mais pas toujours à l'EN), cela me choque aussi, du point de vue moral. Mais du point de vue juridique, ça tient la route: les fonctionnaires ont un statut et non un contrat. Le statut est créé et modifié unilatéralement par décret pris conformément à une loi adoptée par le représentation nationale, laquelle est au fond notre véritable employeur.
D'où la grève, seule mesure possible d'expression de notre désaccord si un gouvernement s'assoit sur l'opposition des syndicats lors des négociations préalables à une modification du statut.
- nc33Niveau 10
Concernant les réunions/conseils et la grève du zèle, un membre du forum avait signalé qu'un collègue à lui pianotait ouvertement sur son portable pendant l'intégralité de ces moments.
- stenchMonarque
Cassandrine a écrit:Sans oublier la petite phrase: "il y a tellement pire que nous "....zigmag17 a écrit:MUTIS a écrit:Depuis 2010, le point d'indice a augmenté de 1,2%. En 12 ans. Pendant le même temps, selon l'INSEE, l'inflation était de 13,2%. Sans compter 2022 qui s'annonce à (bien) plus de 5%.
On arrondit à 18%.
Mardi le gouvernement va annoncer une revalorisation du point d'indice. Selon l'Internaute elle sera entre 1 et 4%....
Foutage de gueule intégral, on est bien d'accord.
Petite proposition aux syndicats enseignants : annoncer le blocage désormais de toute initiative pédagogique nouvelle, de toute sortie et de tout voyage, de toute les réunions, de toutes les rencontres et rendez-vous avec les parents, de toute utilisation de matériel personnel non fourni par l'administration (cahiers, stylos, pochettes...dans le privé ils sont stupéfaits quand j'explique que nous achetons nous-mêmes nos fournitures)...
Tant que la revalorisation ne sera pas effectivement à 10% minimum.
Le titre du fil devrait être : "Marronnier ".
Je suis entièrement d'accord avec tes propositions. Vous sommes plusieurs à les émettre à longueur de posts, car ce sont les seules qui feraient sens auprès de l'opinion publique et dont les conséquences auraient du poids auprès des dirigeants. Marre des grévounettes ( si grève il y a désormais je n'en serai pas. Ras-le-bol).
Mais voilà : ce qui relève du bon sens au vu de la situation est impossible à envisager intellectuellement par la plupart des collègues ( parce que "biendézenfants", parce que conscience professionnelle, parce que ci parce que ça) et jamais évoquée par les responsables syndicaux ( qui nous disent la même chose : "ces moyens d'action seraient trop brutaux", "biendézenfants" etc).
Donc pour moi: vœu pieux.
Pourtant ce serait la seule chose à faire.
Mouais... quand on débute à bac +5 pour 1.1 SMIC, faut doucement commencer à les chercher, les pires que nous.
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"Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend." Yannis Youlountas
"Ils veulent dessiner l'apartheid, on dessinera le maquis."
- nigousseHabitué du forum
Je viens de tomber sur l'intervention d'une élue EELV sur BFM qui interpellait un député LAREM sur le dégel du point d'indice, elle était assez rentre-dedans et le gars était en perdition, un vrai régal; elle n'a eu de cesse de lui demander le montant du dégel, aucune réponse si ce n'est " on en discutera avec les groupes à l'Assemblée", pas sûr qu'on ait la réponse mardi!
- CasparProphète
nigousse a écrit:Je viens de tomber sur l'intervention d'une élue EELV sur BFM qui interpellait un député LAREM sur le dégel du point d'indice, elle était assez rentre-dedans et le gars était en perdition, un vrai régal; elle n'a eu de cesse de lui demander le montant du dégel, aucune réponse si ce n'est " on en discutera avec les groupes à l'Assemblée", pas sûr qu'on ait la réponse mardi!
Le plus important c'est que ce soit "sur la table".
- GaliNéoFidèle du forum
Êtes-vous prêts à faire la grève des semaines entières, à bloquer les routes et à bloquer les rectorats et le ministère ? Non bien sûr, alors silence et bonnes vacances !
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¡ Hermano ! Dale gracias a Dios, que lo que tienes en la mano, no lo tienes por todo el año...
- EdithWGrand sage
Caspar a écrit:nigousse a écrit:Je viens de tomber sur l'intervention d'une élue EELV sur BFM qui interpellait un député LAREM sur le dégel du point d'indice, elle était assez rentre-dedans et le gars était en perdition, un vrai régal; elle n'a eu de cesse de lui demander le montant du dégel, aucune réponse si ce n'est " on en discutera avec les groupes à l'Assemblée", pas sûr qu'on ait la réponse mardi!
Le plus important c'est que ce soit "surbla table".
J'aime bien ce mot valise. On devrait le faire entrer au Dictionnaire.
Une blatable : table sur laquelle le ministre de l'Education Nationale signe avec les syndicats des projets qui n'ont aucune chance d'aboutir, mot-valise constitué du mot table et du mot blabla (mode de communication devenu traditionnel rue de Grenelle). "Il nous a encore eus avec ce projet d'augmentation de 0,05% pour les enseignants dont le jour de naissance tombe un vendredi férié en Alaska, je t'avais dit de te méfier, quand il nous met autour de la blatable, c'est jamais bon signe", Thierry Durand, secrétaire national du SNPD (Syndicat National des Profs Déprimés).
- LefterisEsprit sacré
Oui et non. Oui sur un plan purement formel, mais encore faut il cibler les grèves sur les moments clefs, les rendre visibles. Faire grève les jours à deux ou trois heures de cours, invisible, en arrangeant les EDT des élèves et des collègues non grévistes, c'est zéro pointé. Je regrette maintenant quelques milliers d'euros cumulés. Le jour des corrections d'examen, c'est une autre musique, j'ai expérimenté personnellement, mais là tu comprends, c'st un peu fort heeein ... . Sinon une inertie à grande échelle, une guerre d'usure aurait aussi un effet. Ma discipline ayant été particulièrement brutalisée, j'ai mis les freins pour tout, absolument tout, le jour où j'ai compris que c'était plié, qu'on ne s'en relèverait pas (et j'avais raison, hélas). J'étais PP, plus de PP. J'acceptais de donner un coup de man pour des projets, plus de projets. J'avais des stagiaires MEEF, apprentis professeurs etc. , terminé. Je ne parle même pas des sorties. On me répondra qu'on se fait tailler en pièce pour la carrière : ben justement, l'année ou j'avais encore des fonctions bénévoles ou presque,je me suis vu retiré in extremis de l'avancement. Si tout le monde faisait ça, je crois que ça finirait par rentrer, que les enseignants n'en peuvent plus de mépris. Ajouté aux départs, aux demandes de départ (les conseillers mobilités croulent de dossiers) et au rejet du métier par les potentiels candidats, ça pèserait sans doute.Lagomorphe a écrit:jours à l'EN), cela me choque aussi, du point de vue moral. Mais du point de vue juridique, ça tient la route: les fonctionnaires ont un statut et non un contrat. Le statut est créé et modifié unilatéralement par décret pris conformément à une loi adoptée par le représentation nationale, laquelle est au fond notre véritable employeur.
D'où la grève, seule mesure possible d'expression de notre désaccord si un gouvernement s'assoit sur l'opposition des syndicats lors des négociations préalables à une modification du statut.
Mais là ma boule de cristal me dit qu'un grève bien dure sera ignorée par 80 % des collègues, que les élections pro seront une nouvelle fois la Bérézina, et que l'usine à gaz des "projets" va continuer à fonctionner comme si de rien n'était.
_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"(F. Robine , expliquant sans fard la stratégie du puzzle)
Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.
Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος (Kazantzakis).
- Pat BÉrudit
e-Wanderer a écrit:800000 profs. Tablons sur 400000 qui accepteraient de se bouger pour quelque chose d'efficace et qui ne coûte presque rien. Chacun envoie 10 lettres de protestation au ministère la même semaine, ça coûte moins de 10 €, et ça fait 4 millions de lettres qui engorgent le service courrier du ministère pendant des semaines – et même, je pense, tout le quartier de la rue de Grenelle, à commencer par le centre de tri : ça mettrait vraiment un b**del monstre ! En plus, il n'y a absolument rien d'illégal ou de répréhensible, et ça ferait un peu le buzz médiatique.Prof Nazaire a écrit:agirou a écrit:
(...) Et nous serons encore les mêmes et peu nombreux pour marquer notre refus d'être piétinés au vu et su de tout le monde. Tout cela est kafkaïen.
Justement @agirou, le but de ce fil est de trouver des moyens de pression à la fois efficaces et susceptibles de mobiliser une grande partie des profs. Je pense à 80 ou 90 %. @Cath l'idée de porter un signe distinctif est uniquement pour identifier ceux qui participent -- ce n'est évidement pas un moyen de pression en soi.
Plusieurs messages ont fait la liste de ce qui ne marchera pas (incluant la grève), ce qui est facile car il suffit de regarder vers le passé. On cherche des idées.
Il faut juste que les syndicats se mettent d'accord pour lancer le mot d'ordre et coordonner l'opération. Notre force, c'est le nombre. Avec un peu de chance, en mettant les fédés de parents dans le coup, ça multiplie encore l'impact…
C'est effectivement une action pas chère et accessible... qu'il faudrait bien coordonner, convaincre les collègues que tout le monde la fera, puis le faire vraiment tous ensemble le même jour, en parler beaucoup avec les collègues pour les bouger (et on en profite pour que les élections professionnelles soient enfin prises au sérieux et que les collègues cessent de voter n'importe comment... et surtout, votent !)
- MUTISExpert
Lefteris a écrit:Oui et non. Oui sur un plan purement formel, mais encore faut il cibler les grèves sur les moments clefs, les rendre visibles. Faire grève les jours à deux ou trois heures de cours, invisible, en arrangeant les EDT des élèves et des collègues non grévistes, c'est zéro pointé. Je regrette maintenant quelques milliers d'euros cumulés. Le jour des corrections d'examen, c'est une autre musique, j'ai expérimenté personnellement, mais là tu comprends, c'st un peu fort heeein ... . Sinon une inertie à grande échelle, une guerre d'usure aurait aussi un effet. Ma discipline ayant été particulièrement brutalisée, j'ai mis les freins pour tout, absolument tout, le jour où j'ai compris que c'était plié, qu'on ne s'en relèverait pas (et j'avais raison, hélas). J'étais PP, plus de PP. J'acceptais de donner un coup de man pour des projets, plus de projets. J'avais des stagiaires MEEF, apprentis professeurs etc. , terminé. Je ne parle même pas des sorties. On me répondra qu'on se fait tailler en pièce pour la carrière : ben justement, l'année ou j'avais encore des fonctions bénévoles ou presque,je me suis vu retiré in extremis de l'avancement. Si tout le monde faisait ça, je crois que ça finirait par rentrer, que les enseignants n'en peuvent plus de mépris. Ajouté aux départs, aux demandes de départ (les conseillers mobilités croulent de dossiers) et au rejet du métier par les potentiels candidats, ça pèserait sans doute.Lagomorphe a écrit:jours à l'EN), cela me choque aussi, du point de vue moral. Mais du point de vue juridique, ça tient la route: les fonctionnaires ont un statut et non un contrat. Le statut est créé et modifié unilatéralement par décret pris conformément à une loi adoptée par le représentation nationale, laquelle est au fond notre véritable employeur.
D'où la grève, seule mesure possible d'expression de notre désaccord si un gouvernement s'assoit sur l'opposition des syndicats lors des négociations préalables à une modification du statut.
Mais là ma boule de cristal me dit qu'un grève bien dure sera ignorée par 80 % des collègues, que les élections pro seront une nouvelle fois la Bérézina, et que l'usine à gaz des "projets" va continuer à fonctionner comme si de rien n'était.
Je crains que tu aies malheureusement raison.
Je ne crois plus aux grèves car la retenue sur salaire est devenue difficile pour beaucoup : cela touche même des gens déterminés autrefois et cela crée des tensions supplémentaires entre profs. Et l'expérience montre que la grève d'un jour ne fonctionne plus du tout. J'ai souvenir de grandes grèves que tu as dû connaitre Lefteris à l'époque d'Allègre. Aujourd'hui cela n'a plus le même succès.
Alors il faut trouver d'autres moyens de pression.
Je continue de penser que des manifestations le samedi seraient beaucoup plus visibles et gênantes sans entraîner de retenue de salaire. Mais encore faut-il se mobiliser, affronter l'inertie et les mille excuses habituelles.
Une déclaration des profs en CA et une remise en cause de tous les nouveaux projets, sorties et voyages tant que les salaires n'ont pas été substantiellement augmentés aurait aussi un impact. Mais là aussi les obstacles sont l'inertie, la mauvaise conscience, la peur de l'autorité etc...
Tant que nous serons guidés par ces peurs et par la crainte d'être mal vus, nous serons méprisés et laminés. Ou nous ferons des grévounettes pour obtenir des masques et donner aux gouvernants de magnifiques occasions de nous satisfaire sans rien changer sur le fond et sur les salaires.
L'idée d'e-Wanderer est intéressante (envoyer des lettres au Ministère le même jour) mais il est très optimiste. Sur 800 000 profs 400 000 enverraient des lettres suppute-t-il... Je dirais plutôt 40 000 et ce serait déjà pas mal !
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"Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière" (Audiard)
"Ce n'est pas l'excès d'autorité qui est dangereux, c'est l'excès d'obéissance" (Primo Levi)
"La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue" (Enrique Vila-Matas)
" Que les dissemblables soient réunis et de leurs différences jaillira la plus belle harmonie ; rien ne se fait sans lutte." (Héraclite)
"Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou" (Pascal).
- Pontorson50Fidèle du forum
MUTIS a écrit:
Je continue de penser que des manifestations le samedi seraient beaucoup plus visibles et gênantes sans entraîner de retenue de salaire. Mais encore faut-il se mobiliser, affronter l'inertie et les mille excuses habituelles.
Les manifestations sont caduques sauf violence depuis que la "manif pour tous" a eu plusieurs millions de manifestants, mais qu'un pouvoir fort sur cette question (c'était pourtant le très mollasson Hollande) a eu l'intelligence de se souvenir qu'une manifestation, c'est toujours une minorité, et non le peuple en marche comme peut le croire tout manifestant piétinant coincé dans un grand boulevard.
Avec violence hélas! que ce soit pour Notre Dame des Landes ou pour les gilets jaunes, tout est possible, mais je ne veux pas être complice de cela. Or tant que la lutte contre les groupuscules violents ne fonctionne pas, comment manifester?
Quelque chose qui ne va pas dans notre démocratie, bien au delà des profs, c'est que tous les mouvements revendicatifs qui tiennent à respecter la loi et leur public se font superbement renvoyer à leurs (peu) chères études. Il y a là une forme de lâcheté délétère à terme. Mais je ne trouve pas non plus la parade, et j'en suis malheureux surtout pour les collègues enthousiastes qui débutent dans ce métier avec un admirable souci d'oeuvrer pour le bien commun, et qui risquent un jour de devenir ultra-violents à force de ne voir respecter que ce moyen par les gouvernements. Et je pense bien sûr aussi aux métiers de la santé et du maintien de l'ordre.
- LefterisEsprit sacré
J'ai connu Allègre de l'extérieur, à une époque où je n'imaginais même pas être enseignant un jour. Ce type me débectait , mais j'avoue que je ne voyais pas alors un problème durable, d'une part parce que les enseignants s'en étaient débarrassés, d'autre part parce que justement, je voyais encore les enseignants comme des gens combatifs, ayant un culture syndicale pas près de s'éteindre (grave erreur, je n'aurais jamais passé le concours sinon.... ). Pour ma part, je ne ferai plus que des actions gênantes, très gênantes, je ne me bats plus pour moi et je partirai plus tôt que prévu (carrière longue , services militaires toussa), mes derniers combats sont pour des principes , et je viens de contribuer à gagner un recours pour une collègue face à l'administration . Mais je n'y crois plus, c'est Camerone...MUTIS a écrit:
Je crains que tu aies malheureusement raison.
Je ne crois plus aux grèves car la retenue sur salaire est devenue difficile pour beaucoup : cela touche même des gens déterminés autrefois et cela crée des tensions supplémentaires entre profs. Et l'expérience montre que la grève d'un jour ne fonctionne plus du tout. J'ai souvenir de grandes grèves que tu as dû connaitre Lefteris à l'époque d'Allègre. Aujourd'hui cela n'a plus le même succès.
Alors il faut trouver d'autres moyens de pression.
Je continue de penser que des manifestations le samedi seraient beaucoup plus visibles et gênantes sans entraîner de retenue de salaire. Mais encore faut-il se mobiliser, affronter l'inertie et les mille excuses habituelles.
Une déclaration des profs en CA et une remise en cause de tous les nouveaux projets, sorties et voyages tant que les salaires n'ont pas été substantiellement augmentés aurait aussi un impact. Mais là aussi les obstacles sont l'inertie, la mauvaise conscience, la peur de l'autorité etc...
Tant que nous serons guidés par ces peurs et par la crainte d'être mal vus, nous serons méprisés et laminés. Ou nous ferons des grévounettes pour obtenir des masques et donner aux gouvernants de magnifiques occasions de nous satisfaire sans rien changer sur le fond et sur les salaires.
L'idée d'e-Wanderer est intéressante (envoyer des lettres au Ministère le même jour) mais il est très optimiste. Sur 800 000 profs 400 000 enverraient des lettres suppute-t-il... Je dirais plutôt 40 000 et ce serait déjà pas mal !
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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"(F. Robine , expliquant sans fard la stratégie du puzzle)
Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.
Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος (Kazantzakis).
- BoubouleDoyen
Lefteris a écrit:J'ai connu Allègre de l'extérieur, à une époque où je n'imaginais même pas être enseignant un jour. Ce type me débectait , mais j'avoue que je ne voyais pas alors un problème durable, d'une part parce que les enseignants s'en étaient débarrassés, d'autre part parce que justement, je voyais encore les enseignants comme des gens combatifs, ayant un culture syndicale pas près de s'éteindre (grave erreur, je n'aurais jamais passé le concours sinon.... ). Pour ma part, je ne ferai plus que des actions gênantes, très gênantes, je ne me bats plus pour moi et je partirai plus tôt que prévu (carrière longue , services militaires toussa), mes derniers combats sont pour des principes , et je viens de contribuer à gagner un recours pour une collègue face à l'administration . Mais je n'y crois plus, c'est Camerone...MUTIS a écrit:
Je crains que tu aies malheureusement raison.
Je ne crois plus aux grèves car la retenue sur salaire est devenue difficile pour beaucoup : cela touche même des gens déterminés autrefois et cela crée des tensions supplémentaires entre profs. Et l'expérience montre que la grève d'un jour ne fonctionne plus du tout. J'ai souvenir de grandes grèves que tu as dû connaitre Lefteris à l'époque d'Allègre. Aujourd'hui cela n'a plus le même succès.
Alors il faut trouver d'autres moyens de pression.
Je continue de penser que des manifestations le samedi seraient beaucoup plus visibles et gênantes sans entraîner de retenue de salaire. Mais encore faut-il se mobiliser, affronter l'inertie et les mille excuses habituelles.
Une déclaration des profs en CA et une remise en cause de tous les nouveaux projets, sorties et voyages tant que les salaires n'ont pas été substantiellement augmentés aurait aussi un impact. Mais là aussi les obstacles sont l'inertie, la mauvaise conscience, la peur de l'autorité etc...
Tant que nous serons guidés par ces peurs et par la crainte d'être mal vus, nous serons méprisés et laminés. Ou nous ferons des grévounettes pour obtenir des masques et donner aux gouvernants de magnifiques occasions de nous satisfaire sans rien changer sur le fond et sur les salaires.
L'idée d'e-Wanderer est intéressante (envoyer des lettres au Ministère le même jour) mais il est très optimiste. Sur 800 000 profs 400 000 enverraient des lettres suppute-t-il... Je dirais plutôt 40 000 et ce serait déjà pas mal !
Allègre et plus généralement son parti avaient mis tellement de gens en place dans et autour du ministère que c'était au contraire l'accélération de la grande descente vu l'affichage décomplexé du mépris du travail des enseignants voire sa négation.
- Prof NazaireNiveau 3
Je trouve que c'est une bonne idée. On pourrait envisager que chacun puisse imprimer ses lettres ou cartes postales avec un message court et clair (une phrase / un slogan) dont on pourrait discuter.e-Wanderer a écrit:
(...) 4 millions de lettres qui engorgent le service courrier du ministère pendant des semaines – et même, je pense, tout le quartier de la rue de Grenelle, à commencer par le centre de tri : ça mettrait vraiment un b**del monstre ! En plus, il n'y a absolument rien d'illégal ou de répréhensible, et ça ferait un peu le buzz médiatique.
Vu comment les syndicats sont empêtrés et comment les profs s'en méfient je pencherais plutôt pour une action basée sur la coordination via internet. On pourrait commencer par une pétition (sur les salaires et conditions de travail) histoire de mobiliser du monde puis passer à la phase cartes postales. Après on verra.e-Wanderer a écrit:
Il faut juste que les syndicats se mettent d'accord pour lancer le mot d'ordre et coordonner l'opération.
On lâche pas
- amethysteDoyen
Déjà tenté lors de la réforme du collège et lors de la réforme du bac. Il y a eu des modèles de lettres qui ont circulé, les adresses du MEN, des députés. Pour un effet quasi nul. Ne nous leurrons pas, le gouvernement n'en a rien à faire.Prof Nazaire a écrit:Je trouve que c'est une bonne idée. On pourrait envisager que chacun puisse imprimer ses lettres ou cartes postales avec un message court et clair (une phrase / un slogan) dont on pourrait discuter.e-Wanderer a écrit:
(...) 4 millions de lettres qui engorgent le service courrier du ministère pendant des semaines – et même, je pense, tout le quartier de la rue de Grenelle, à commencer par le centre de tri : ça mettrait vraiment un b**del monstre ! En plus, il n'y a absolument rien d'illégal ou de répréhensible, et ça ferait un peu le buzz médiatique.Vu comment les syndicats sont empêtrés et comment les profs s'en méfient je pencherais plutôt pour une action basée sur la coordination via internet. On pourrait commencer par une pétition (sur les salaires et conditions de travail) histoire de mobiliser du monde puis passer à la phase cartes postales. Après on verra.e-Wanderer a écrit:
Il faut juste que les syndicats se mettent d'accord pour lancer le mot d'ordre et coordonner l'opération.
On lâche pas
- SibylleNeoprof expérimenté
e-Wanderer a écrit:
(...) 4 millions de lettres qui engorgent le service courrier du ministère pendant des semaines – et même, je pense, tout le quartier de la rue de Grenelle, à commencer par le centre de tri : ça mettrait vraiment un b**del monstre ! En plus, il n'y a absolument rien d'illégal ou de répréhensible, et ça ferait un peu le buzz médiatique.
J'ai déjà dit à l'occasion de la réforme du collège que si c'était très suivi, ce serait à mon avis un très bon et chouette moyen d'action. Au départ, j'avais envisagé qu'on envoie au président puisque c'est gratuit et que chacun peut alors envoyer plusieurs courriers en même temps. Je suis vraiment partante pour cela.
- LefterisEsprit sacré
Tu as raison, et avec le recul, surtout une fois devenu enseignant, j'ai compris qu'il avait mis le ver dans le fruit, et durablement. Il a été lourdé, mais ses idées, sa manière de faire, sont restés et ont pénétré les mentalités.Bouboule a écrit:
Allègre et plus généralement son parti avaient mis tellement de gens en place dans et autour du ministère que c'était au contraire l'accélération de la grande descente vu l'affichage décomplexé du mépris du travail des enseignants voire sa négation.
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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"(F. Robine , expliquant sans fard la stratégie du puzzle)
Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.
Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος (Kazantzakis).
- LagomorpheFidèle du forum
amethyste a écrit:Déjà tenté lors de la réforme du collège et lors de la réforme du bac. Il y a eu des modèles de lettres qui ont circulé, les adresses du MEN, des députés. Pour un effet quasi nul. Ne nous leurrons pas, le gouvernement n'en a rien à faire.Prof Nazaire a écrit:Je trouve que c'est une bonne idée. On pourrait envisager que chacun puisse imprimer ses lettres ou cartes postales avec un message court et clair (une phrase / un slogan) dont on pourrait discuter.e-Wanderer a écrit:
(...) 4 millions de lettres qui engorgent le service courrier du ministère pendant des semaines – et même, je pense, tout le quartier de la rue de Grenelle, à commencer par le centre de tri : ça mettrait vraiment un b**del monstre ! En plus, il n'y a absolument rien d'illégal ou de répréhensible, et ça ferait un peu le buzz médiatique.Vu comment les syndicats sont empêtrés et comment les profs s'en méfient je pencherais plutôt pour une action basée sur la coordination via internet. On pourrait commencer par une pétition (sur les salaires et conditions de travail) histoire de mobiliser du monde puis passer à la phase cartes postales. Après on verra.e-Wanderer a écrit:
Il faut juste que les syndicats se mettent d'accord pour lancer le mot d'ordre et coordonner l'opération.
On lâche pas
Je trouve l'idée très bonne, mais peut-être à approfondir:
- D'abord on vise un impact médiatique, et pas un blocage du ministère en première intention (sinon on squatterait les entrées physiquement). Effectivement, le gouvernement n'en a rien à faire parce qu'il n'a nulle obligation de répondre à ces lettres. Ils peut les expédier directement au tri sélectif. Mais 4 millions de courriers, ça fait au moins un encart au 20h.
- Ensuite, on peut étendre le processus, mais cette fois à destination de gens qui eux, ont l'obligation légale de nous répondre par écrit. Je ne m'y connais pas suffisamment, mais il me semble que quand on fait certaines demandes par écrit à la hiérarchie, elle répond par écrit. Pourquoi ne pas inonder CdE, DASEN, recteurs, toute la voie hiérarchique, de demandes plus ou moins farfelues, suivies d'autant de recours grâcieux (quand non-réponse vaut refus), suivies d'une bonne dose de recours contentieux ?
Enfin, soyons modernes: j'ai quelques doutes sur la capacité de nos serveurs informatiques à encaisser le même trafic en version électronique, surtout avec des pièces jointes bien lourdes, surtout quand on a l'idée amusant de paramétrer un forward de truc@ac-nice vers machin@ac-nantes pour obtenir une réaction en chaîne. La boîte mail d'un établissement, voire chacune de nos boîtes pro qui disjonctent...juste au moment où doivent arriver les convoc' d'examen par exemple. Pas reçu, oups...
Evidemment tout cela n'a pas la force de frappe d'une grève massive, mais ça peut mettre du bazar.
- OxfordNeoprof expérimenté
Lagomorphe a écrit:
- D'abord on vise un impact médiatique, et pas un blocage du ministère en première intention (sinon on squatterait les entrées physiquement). Effectivement, le gouvernement n'en a rien à faire parce qu'il n'a nulle obligation de répondre à ces lettres. Ils peut les expédier directement au tri sélectif. Mais 4 millions de courriers, ça fait au moins un encart au 20h.
Evidemment tout cela n'a pas la force de frappe d'une grève massive, mais ça peut mettre du bazar.
Je suis convaincue du contraire.
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