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- AemiliaExpert
Chez nous, le redoublement a été proposé pour UN élève de sixième. Comme ce n'était pas le voeu de la famille, il devait passer en commission d'appel.
Seulement, le principal a reçu un coup de fil vendredi aprem : cette commission est tout bonnement annulée. La raison ? c'était le seul cas du département (ou peut-être d'une zone plus restreinte, je ne sais pas comment ça fonctionne), donc annulée. Le gamin passe en 5e, tout va bien.
Seulement, le principal a reçu un coup de fil vendredi aprem : cette commission est tout bonnement annulée. La raison ? c'était le seul cas du département (ou peut-être d'une zone plus restreinte, je ne sais pas comment ça fonctionne), donc annulée. Le gamin passe en 5e, tout va bien.
- IgniatiusGuide spirituel
Malaga, la réflexion finale de ton élevé est géniale : c'est tellement vrai et fréquent !
Mais c'est résumé de manière si simple...
Mais c'est résumé de manière si simple...
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"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion."
St Augustin
"God only knows what I'd be without you"
Brian Wilson
- roxanneOracle
Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est qu'à mon antique époque ou même plus récemment, un certain nombre d'élèves redoublaient sans que ce sdoit un drame et ça ne les empêchait nullement de réussir par la suite...je connais plein de gens qui ont redoublé une fois voir deux et qui ont tout à fait réussi leurs études et leurs vies pro par la suite.Aujourd'hui, on ne discute même plus redoublement pour des gamins à 3"ça ne servira à rien " (ce qui n'est pas faux, mais passer dans ces conditions ne sert à rien non plus), on discute pour ceux à 8-9...Alors, nous, on a trouvé un dispositif bâtard de "classes allégées" en 5° et 4° (l'expérience ayant tourné au désastre en3° ) avec quelques élèves de moins, et comme personne n'a le niveau , les profs baissent les exigences, les notes remontent (ou alors personne n'a jamais la moyenne) et on est contents...
- AndmaExpert spécialisé
Que faire pour cesser cette mascarade????
- MalagaModérateur
roxanne a écrit:Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est qu'à mon antique époque ou même plus récemment, un certain nombre d'élèves redoublaient sans que ce sdoit un drame et ça ne les empêchait nullement de réussir par la suite...je connais plein de gens qui ont redoublé une fois voir deux et qui ont tout à fait réussi leurs études et leurs vies pro par la suite.Aujourd'hui, on ne discute même plus redoublement pour des gamins à 3"ça ne servira à rien " (ce qui n'est pas faux, mais passer dans ces conditions ne sert à rien non plus), on discute pour ceux à 8-9...Alors, nous, on a trouvé un dispositif bâtard de "classes allégées" en 5° et 4° (l'expérience ayant tourné au désastre en3° ) avec quelques élèves de moins, et comme personne n'a le niveau , les profs baissent les exigences, les notes remontent (ou alors personne n'a jamais la moyenne) et on est contents...
Absolument d'accord. Par exemple, mon père a redoublé et il est aujourd'hui médecin. Mon frère a redoublé et il est expert-comptable.
J'ai le sentiment qu'à mon époque (j'ai l'impression d'avoir 80 ans en disant cela mais non, j'en seulement 27!!), il y avait plus de redoublement, que les "mauvais" élèves redoublaient et que c'était normal!
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J'utilise des satellites coûtant plusieurs millions de dollars pour chercher des boîtes Tupperware dans la forêt ; et toi, c'est quoi ton hobby ?
- AndmaExpert spécialisé
par chez moi les élèves sont encore surpris de leur passage au niveau supérieur.
j'arrête aps de leur dire qu'ils vont au casse pipe, on en est conscient et on le fait.
c'est triste mais on SAIT qu'on sacrifie des générations de gamins...
j'arrête aps de leur dire qu'ils vont au casse pipe, on en est conscient et on le fait.
c'est triste mais on SAIT qu'on sacrifie des générations de gamins...
- NuitsFidèle du forum
Oui, mais un élève qui redouble coûte trop cher, c'est un an de plus à payer sa scolarisation. Et puis parfois, il n'y a tout simplement plus de place.
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C'est dans l'intérêt de l'enfant.
- AndmaExpert spécialisé
je le sais le discours, un inspecteur a cru bon de me le répéter, la seconde fois sur un ton dictatorial et en colère, parce que j'ai fais la bécasse qui comprends pas.
ce n'est pas l'idée que je me fais d'un service public.
ce n'est pas l'idée que je me fais d'un service public.
- Reine MargotDemi-dieu
roxanne a écrit:Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est qu'à mon antique époque ou même plus récemment, un certain nombre d'élèves redoublaient sans que ce sdoit un drame et ça ne les empêchait nullement de réussir par la suite...je connais plein de gens qui ont redoublé une fois voir deux et qui ont tout à fait réussi leurs études et leurs vies pro par la suite.Aujourd'hui, on ne discute même plus redoublement pour des gamins à 3"ça ne servira à rien " (ce qui n'est pas faux, mais passer dans ces conditions ne sert à rien non plus), on discute pour ceux à 8-9...Alors, nous, on a trouvé un dispositif bâtard de "classes allégées" en 5° et 4° (l'expérience ayant tourné au désastre en3° ) avec quelques élèves de moins, et comme personne n'a le niveau , les profs baissent les exigences, les notes remontent (ou alors personne n'a jamais la moyenne) et on est contents...
mais c'est que le redoublement coûte CHER...l'intérêt des élèves, hein, ça fait longtemps que ce n'est plus la priorité.
- User5899Demi-dieu
Une telle maturité devrait nous inciter à lui faire sauter une classe...Igniatius a écrit:Malaga, la réflexion finale de ton élevé est géniale : c'est tellement vrai et fréquent !
Mais c'est résumé de manière si simple...
- Elle aimeExpert
Conseils de classe des 6èmes :
Un élève a 8,30 de moyenne avec des évaluations adaptées. Attitude lamentable durant l'année... "Cela ne servira à rien de le faire redoubler, il n'est pas assez mûr, et il est né en 98. Passage au bénéfice de l'âge"
Peste du collège, même topos et 7,5 de moyenne, un autre, 8,5 = passage
(Ces deux élèves ont bénéficié de PPRE, d'aide aux devoirs... mais ils ne voulaient rien faire)
Élève insupportable en début d'année qui a changé d'attitude à partir du 2ème trimestre, 10 de moyenne = redoublement. Je comprends que c'est un peu juste, mais dans ce cas, pourquoi faire passer les autres ?
Conseils de classe des 5èmes :
quatre propositions de redoublement (moyennes : 6,5, 8, 7,4, et 8,5), aucune acceptée : "Le redoublement n'a pas de sens. Blabla... passage de droit en 4ème. Chaque année, des élèves passent malgré des lacunes importantes. Et les enseignants doivent apprendre à gérer ces élèves... différenciation / activités ludiques pour redonner du sens..."
Un élève a 8,30 de moyenne avec des évaluations adaptées. Attitude lamentable durant l'année... "Cela ne servira à rien de le faire redoubler, il n'est pas assez mûr, et il est né en 98. Passage au bénéfice de l'âge"
Peste du collège, même topos et 7,5 de moyenne, un autre, 8,5 = passage
(Ces deux élèves ont bénéficié de PPRE, d'aide aux devoirs... mais ils ne voulaient rien faire)
Élève insupportable en début d'année qui a changé d'attitude à partir du 2ème trimestre, 10 de moyenne = redoublement. Je comprends que c'est un peu juste, mais dans ce cas, pourquoi faire passer les autres ?
Conseils de classe des 5èmes :
quatre propositions de redoublement (moyennes : 6,5, 8, 7,4, et 8,5), aucune acceptée : "Le redoublement n'a pas de sens. Blabla... passage de droit en 4ème. Chaque année, des élèves passent malgré des lacunes importantes. Et les enseignants doivent apprendre à gérer ces élèves... différenciation / activités ludiques pour redonner du sens..."
- IgniatiusGuide spirituel
Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
La différenciation... Mon IPR m'a conseillé de me placer au niveau 5è pour certains de mes élèves de seconde qui ont justement traversé le collège dans les conditions que vous décrivez. Ils n'ont jamais rien acquis et débarquent au lycée. Je lui ai répondu vertement. Et lui a persiflé d'un "Ah oui, ça aider les élèves en difficulté, c'est difficile".
Mais heureusement, la réforme Châtel va permettre de gommer les différences qui perduraient encore un peu entre le collège et le lycée, et la mascarade va pouvoir se poursuivre jusqu'en terminale...
La différenciation... Mon IPR m'a conseillé de me placer au niveau 5è pour certains de mes élèves de seconde qui ont justement traversé le collège dans les conditions que vous décrivez. Ils n'ont jamais rien acquis et débarquent au lycée. Je lui ai répondu vertement. Et lui a persiflé d'un "Ah oui, ça aider les élèves en difficulté, c'est difficile".
Mais heureusement, la réforme Châtel va permettre de gommer les différences qui perduraient encore un peu entre le collège et le lycée, et la mascarade va pouvoir se poursuivre jusqu'en terminale...
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"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion."
St Augustin
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- User5899Demi-dieu
J'avoue en faire partie. Parce que des doublants qui travaillent mieux la seconde année, en cassant moins les pieds s'il était casse-pieds, je n'en ai pas rencontré beaucoup au cours de toutes ces années. Et que donc je ne vois pas l'intérêt, pour l'élève de continuer avec des disciplines qu'il abandonne en passant en 1re (c'est vrai qu'on n'est pas dans la configuration collège), pour les collègues de supporter deux ans quelqu'un qui s'en fout et les dérangera d'autant plus. Mais je comprends que ça choque.Igniatius a écrit:Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
- IgniatiusGuide spirituel
Cripure a écrit:J'avoue en faire partie. Parce que des doublants qui travaillent mieux la seconde année, en cassant moins les pieds s'il était casse-pieds, je n'en ai pas rencontré beaucoup au cours de toutes ces années. Et que donc je ne vois pas l'intérêt, pour l'élève de continuer avec des disciplines qu'il abandonne en passant en 1re (c'est vrai qu'on n'est pas dans la configuration collège), pour les collègues de supporter deux ans quelqu'un qui s'en fout et les dérangera d'autant plus. Mais je comprends que ça choque.Igniatius a écrit:Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
C'est surtout que c'est le plus mauvais service à rendre à l'élève !
Redoubler dans les conditions actuelles est en effet absurde, puisque les connaissances acquises n'ont plus aucune importance.
Mais un passage pour un élève extrêmement faible n'a de sens que si l'année suivante on met en place de réels accompagnements, hors la classe "normale" : c'est la seule condition pour que j'accepte cette phrase.
En attendant, on entretient vaguement l'élève dans l'illusion de ses "possibilités non exploitées", et il perd de nombreuses années : bcp deviennent des zombies en fin de parcours.
Mais on peut se résigner à cela, je dis ça sans ironie hein Cripure, car je crois que je vais y être amené, j'en ai marre d'être le seul gueulard en conseil de classe.
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- User5899Demi-dieu
Je comprends tout à fait. Pour être franc, le premier conseil est de 17h30 à 19h, souvent 19h30, le second de 19h à 20h30, souvent 21h30. Si on peut accélérer, puisqu'on sait que d etoutes façons, on ne fait que donner des avis susceptibles d'être cassés par le CDE ou la commission d'appel... Les services rendus aux élèves, ça fait bien longtemps que j'ai compris que ce n'est pas le boulot de la maison. Chez moi, je l'ai dit il y a quatre jours, un deuxième voeu accordé en conseil et donc validé par le CDE a finalement abouti en appel (faire appel contre une acceptation, donc...), commission d'appel qui, tranquillement, a accordé le 1er voeu : une 1re S avec 7,3 de moyenne en maths, 9 en physique et 15,5 en SVT (avec 16,3 de moyenne de classe :colere:). Alors... Merdum :Igniatius a écrit:Cripure a écrit:J'avoue en faire partie. Parce que des doublants qui travaillent mieux la seconde année, en cassant moins les pieds s'il était casse-pieds, je n'en ai pas rencontré beaucoup au cours de toutes ces années. Et que donc je ne vois pas l'intérêt, pour l'élève de continuer avec des disciplines qu'il abandonne en passant en 1re (c'est vrai qu'on n'est pas dans la configuration collège), pour les collègues de supporter deux ans quelqu'un qui s'en fout et les dérangera d'autant plus. Mais je comprends que ça choque.Igniatius a écrit:Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
C'est surtout que c'est le plus mauvais service à rendre à l'élève !
Redoubler dans les conditions actuelles est en effet absurde, puisque les connaissances acquises n'ont plus aucune importance.
Mais un passage pour un élève extrêmement faible n'a de sens que si l'année suivante on met en place de réels accompagnements, hors la classe "normale" : c'est la seule condition pour que j'accepte cette phrase.
En attendant, on entretient vaguement l'élève dans l'illusion de ses "possibilités non exploitées", et il perd de nombreuses années : bcp deviennent des zombies en fin de parcours.
Mais on peut se résigner à cela, je dis ça sans ironie hein Cripure, car je crois que je vais y être amené, j'en ai marre d'être le seul gueulard en conseil de classe.
- IgniatiusGuide spirituel
Tu as raison : tout le monde se fout de l'élève.
Mais quand j'entends mon CDE dire "c'est le projet de l'élève" ou "c'est dans l'intérêt de l'élève", je ne peux pas me contenir, mon impulsivité s'exprime !
D'ailleurs, je le soupçonne de me titiller : il aime balancer ce genre de phrases pour voir si tout le monde a accepté la défaite.
alors je réagis de manière automatique, et le conseil part en sucette car nous voulons tous deux avoir le dernier mot.
En fait, je parle plus aux élèves et aux parents qu'au proviseur, qui est perdu de toute façon, car conditionné de manière pavlovienne par le rectorat, tonneau des Danaïdes pour l'épandage d'aphorismes et de vérités mensongères.
Mais quand j'entends mon CDE dire "c'est le projet de l'élève" ou "c'est dans l'intérêt de l'élève", je ne peux pas me contenir, mon impulsivité s'exprime !
D'ailleurs, je le soupçonne de me titiller : il aime balancer ce genre de phrases pour voir si tout le monde a accepté la défaite.
alors je réagis de manière automatique, et le conseil part en sucette car nous voulons tous deux avoir le dernier mot.
En fait, je parle plus aux élèves et aux parents qu'au proviseur, qui est perdu de toute façon, car conditionné de manière pavlovienne par le rectorat, tonneau des Danaïdes pour l'épandage d'aphorismes et de vérités mensongères.
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- frecheGrand sage
chez nous, les élèves doublent encore un peu, mais ça n'a généralement aucun effet passé l'an du doublement (au mieux, bien souvent, l'année du doublement est pire).
En 18 ans, je n'ai vu que deux ou trois doublements efficaces.
Je pense que ce dont un élève en difficulté a besoin, ce n'est pas de refaire la même chose à la même vitesse, mais de pouvoir prendre plus de temps pour assimiler (comme d'autres auraient besoin de moins de temps). Mais ça coûte, et ce n'est pas dans l'air du temps.
En 18 ans, je n'ai vu que deux ou trois doublements efficaces.
Je pense que ce dont un élève en difficulté a besoin, ce n'est pas de refaire la même chose à la même vitesse, mais de pouvoir prendre plus de temps pour assimiler (comme d'autres auraient besoin de moins de temps). Mais ça coûte, et ce n'est pas dans l'air du temps.
- IphigénieProphète
Je ne suis pas du tout d'accord, en tout cas en ce qui concerne le lycée: cette année encore sur quatre doublants de ma seconde, trois ont parfaitement réussi à redresser la barre (et pas qu'un peu: de 6 à 13 de moyenne générale à peu près) et à régler leurs comportements: c'est oublier le fait qu'en pleine crise d'ado, certains ont droit à une possibilité de reprendre leur équilibre. La rengaine "les redoublements ne servent à rien " est un slogan de nature économique et non pédagogique - à mon humble avis.
- NuitsFidèle du forum
Cripure a écrit:Je comprends tout à fait. Pour être franc, le premier conseil est de 17h30 à 19h, souvent 19h30, le second de 19h à 20h30, souvent 21h30. Si on peut accélérer, puisqu'on sait que d etoutes façons, on ne fait que donner des avis susceptibles d'être cassés par le CDE ou la commission d'appel... Les services rendus aux élèves, ça fait bien longtemps que j'ai compris que ce n'est pas le boulot de la maison. Chez moi, je l'ai dit il y a quatre jours, un deuxième voeu accordé en conseil et donc validé par le CDE a finalement abouti en appel (faire appel contre une acceptation, donc...), commission d'appel qui, tranquillement, a accordé le 1er voeu : une 1re S avec 7,3 de moyenne en maths, 9 en physique et 15,5 en SVT (avec 16,3 de moyenne de classe :colere:). Alors... Merdum :Igniatius a écrit:Cripure a écrit:J'avoue en faire partie. Parce que des doublants qui travaillent mieux la seconde année, en cassant moins les pieds s'il était casse-pieds, je n'en ai pas rencontré beaucoup au cours de toutes ces années. Et que donc je ne vois pas l'intérêt, pour l'élève de continuer avec des disciplines qu'il abandonne en passant en 1re (c'est vrai qu'on n'est pas dans la configuration collège), pour les collègues de supporter deux ans quelqu'un qui s'en fout et les dérangera d'autant plus. Mais je comprends que ça choque.Igniatius a écrit:Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
C'est surtout que c'est le plus mauvais service à rendre à l'élève !
Redoubler dans les conditions actuelles est en effet absurde, puisque les connaissances acquises n'ont plus aucune importance.
Mais un passage pour un élève extrêmement faible n'a de sens que si l'année suivante on met en place de réels accompagnements, hors la classe "normale" : c'est la seule condition pour que j'accepte cette phrase.
En attendant, on entretient vaguement l'élève dans l'illusion de ses "possibilités non exploitées", et il perd de nombreuses années : bcp deviennent des zombies en fin de parcours.
Mais on peut se résigner à cela, je dis ça sans ironie hein Cripure, car je crois que je vais y être amené, j'en ai marre d'être le seul gueulard en conseil de classe.
Et dans ces cas-là, ne reproche-t-on pas à vos collègue d'être "méchants" et / ou incompétents ?
Ce fut le cas chez nous cette année. Puisque beaucoup de mes élèves ne savaient pas écrire et à peine lire, les moyennes de classe étaient toujours inférieures à 10/20, même chez les "euro". "On" (et il y en a du monde derrière ce on) m'a bien fait comprendre que le problème venait de moi, la petite stagiaire. J'avoue que j'ai capitulé (bien vite donc). Tous mes élèves ont miraculeusement progressé de 2 points ou plus au troisième trimestre. Certes, l'augmentation était légitime pour certains. Ils ont fini leur année de 4° en étant capables de rédiger une phrase simple (voire complexe pour les meilleurs) syntaxiquement à peu près correcte (je comprenais ce qu'ils voulaient signifier). Pour "l'orthographe" on repassera. Un élève confondant "c'est" et "sait" (et autres) le passé simple et le futur, peut très bien avoir 18 en français, faut pas avoir des "exigences démesurées" (sic) non plus, hein...
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C'est dans l'intérêt de l'enfant.
- NuitsFidèle du forum
iphigénie a écrit:Je ne suis pas du tout d'accord, en tout cas en ce qui concerne le lycée: cette année encore sur quatre doublants de ma seconde, trois ont parfaitement réussi à redresser la barre (et pas qu'un peu: de 6 à 13 de moyenne générale à peu près) et à régler leurs comportements: c'est oublier le fait qu'en pleine crise d'ado, certains ont droit à une possibilité de reprendre leur équilibre. La rengaine "les redoublements ne servent à rien " est un slogan de nature économique et non pédagogique - à mon humble avis.
Je partage cet humble avis...
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C'est dans l'intérêt de l'enfant.
- User5899Demi-dieu
Je n'ai jamais eu, en français, une moyenne de classe trimestrielle à deux chiffres, la meilleure a dû être de 9,7, la pire, en T L cette année, de 4,3 au 2e trimestre, de 5,9 au 3e. Moi, je fais progresser mes élèves Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, je les emm...Nuits a écrit:Cripure a écrit:Je comprends tout à fait. Pour être franc, le premier conseil est de 17h30 à 19h, souvent 19h30, le second de 19h à 20h30, souvent 21h30. Si on peut accélérer, puisqu'on sait que d etoutes façons, on ne fait que donner des avis susceptibles d'être cassés par le CDE ou la commission d'appel... Les services rendus aux élèves, ça fait bien longtemps que j'ai compris que ce n'est pas le boulot de la maison. Chez moi, je l'ai dit il y a quatre jours, un deuxième voeu accordé en conseil et donc validé par le CDE a finalement abouti en appel (faire appel contre une acceptation, donc...), commission d'appel qui, tranquillement, a accordé le 1er voeu : une 1re S avec 7,3 de moyenne en maths, 9 en physique et 15,5 en SVT (avec 16,3 de moyenne de classe :colere:). Alors... Merdum :Igniatius a écrit:Cripure a écrit:J'avoue en faire partie. Parce que des doublants qui travaillent mieux la seconde année, en cassant moins les pieds s'il était casse-pieds, je n'en ai pas rencontré beaucoup au cours de toutes ces années. Et que donc je ne vois pas l'intérêt, pour l'élève de continuer avec des disciplines qu'il abandonne en passant en 1re (c'est vrai qu'on n'est pas dans la configuration collège), pour les collègues de supporter deux ans quelqu'un qui s'en fout et les dérangera d'autant plus. Mais je comprends que ça choque.Igniatius a écrit:Et oui, Ciara, c'est terrible l'uniformisation de ces discours : on en est à un point où je me bats contre certains collègues (et néanmoins amis) qui ont parfaitement intégré le mantra "mais à quoi ça sert de le faire redoubler ?".
C'est surtout que c'est le plus mauvais service à rendre à l'élève !
Redoubler dans les conditions actuelles est en effet absurde, puisque les connaissances acquises n'ont plus aucune importance.
Mais un passage pour un élève extrêmement faible n'a de sens que si l'année suivante on met en place de réels accompagnements, hors la classe "normale" : c'est la seule condition pour que j'accepte cette phrase.
En attendant, on entretient vaguement l'élève dans l'illusion de ses "possibilités non exploitées", et il perd de nombreuses années : bcp deviennent des zombies en fin de parcours.
Mais on peut se résigner à cela, je dis ça sans ironie hein Cripure, car je crois que je vais y être amené, j'en ai marre d'être le seul gueulard en conseil de classe.
Et dans ces cas-là, ne reproche-t-on pas à vos collègue d'être "méchants" et / ou incompétents ?
Ce fut le cas chez nous cette année. Puisque beaucoup de mes élèves ne savaient pas écrire et à peine lire, les moyennes de classe étaient toujours inférieures à 10/20, même chez les "euro". "On" (et il y en a du monde derrière ce on) m'a bien fait comprendre que le problème venait de moi, la petite stagiaire. J'avoue que j'ai capitulé (bien vite donc). Tous mes élèves ont miraculeusement progressé de 2 points ou plus au troisième trimestre. Certes, l'augmentation était légitime pour certains. Ils ont fini leur année de 4° en étant capables de rédiger une phrase simple (voire complexe pour les meilleurs) syntaxiquement à peu près correcte (je comprenais ce qu'ils voulaient signifier). Pour "l'orthographe" on repassera. Un élève confondant "c'est" et "sait" (et autres) le passé simple et le futur, peut très bien avoir 18 en français, faut pas avoir des "exigences démesurées" (sic) non plus, hein...
- User5899Demi-dieu
Argument de nature économique ? Oui, bien sûr, puisqu'on ne veut pas accompagner le redoublement, qu'on se contente de faire comme si le doublant était de nouveau un sortant de 3e. Avec d'autres dispositifs, je serais plus enclin à proposer des doublements.
- Elle aimeExpert
Propos d'une collègue, alors que les professeurs consultaient les résultats de leurs anciens élèves (3ème : 16 de moyenne en français. Lycée : entre 6 et 8) : "Au début, j'étais très exigeante, et après, j'ai abaissé le niveau : tout le monde est très content, mais là, je me pose des questions..."
- frecheGrand sage
iphigénie a écrit:Je ne suis pas du tout d'accord, en tout cas en ce qui concerne le lycée: cette année encore sur quatre doublants de ma seconde, trois ont parfaitement réussi à redresser la barre (et pas qu'un peu: de 6 à 13 de moyenne générale à peu près) et à régler leurs comportements: c'est oublier le fait qu'en pleine crise d'ado, certains ont droit à une possibilité de reprendre leur équilibre. La rengaine "les redoublements ne servent à rien " est un slogan de nature économique et non pédagogique - à mon humble avis.
Je ne suis pas au lycée, mais au collège. Je trouve que les doublements y sont inutiles dans les conditions actuelles, ce que j'ai précisé dans mon post de départ.
- ProvenceEnchanteur
J'ai déjà vu des doublements utiles en collège, des progrès. On a sauvé des gamins qu'on menaçait de la noyade dans la classe supérieure.
- frecheGrand sage
Je ne sais pas. Les rares qui s'en sont tirés après un doublement avaient un projet précis et une motivation, ou bien avaient des difficultés en français et langues mais comprenaient très bien en maths et en sciences, ils ont pu s'orienter correctement.
Cette année, j'ai un élève, fort sympathique au demeurant, qui doublait sa troisième. Il a bien progressé car il a fait des efforts en classe, mais n'a toujours pas travaillé à la maison. Il a une moyenne convenable (12 au lieu de 9 l'an passé), mais je suis sûre que la seconde va être très difficile pour lui. C'est un des cas qui pourrait être positif, mais sans certitude. Pour les autres doublants de 3e, c'est la cata, ils en ont moins fait que l'an passé.
Autre exemple, deux élèves de 5e (frère et soeur) ayant doublé la 6e, la deuxième 6e ayant été pire que la première dans les deux cas, je pense que le doublement a été inutile.
Troisième exemple : un élève actuellement en 3e, demande le redoublement. Je prends les paris (mais j'espère me tromper) que l'an prochain ce sera pire.
Cette année, j'ai un élève, fort sympathique au demeurant, qui doublait sa troisième. Il a bien progressé car il a fait des efforts en classe, mais n'a toujours pas travaillé à la maison. Il a une moyenne convenable (12 au lieu de 9 l'an passé), mais je suis sûre que la seconde va être très difficile pour lui. C'est un des cas qui pourrait être positif, mais sans certitude. Pour les autres doublants de 3e, c'est la cata, ils en ont moins fait que l'an passé.
Autre exemple, deux élèves de 5e (frère et soeur) ayant doublé la 6e, la deuxième 6e ayant été pire que la première dans les deux cas, je pense que le doublement a été inutile.
Troisième exemple : un élève actuellement en 3e, demande le redoublement. Je prends les paris (mais j'espère me tromper) que l'an prochain ce sera pire.
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