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- gelsomina31Grand Maître
J'ouvre ce nouveau sujet car je suis très curieuse de cette pratique et je voudrais en savoir plus?
Mes questions :
1) D'où ou bien de qui cela vient-il?
2) Comment qu'on fait?
3) L'utilisation de manuels (voire le post concernés) ne permet il pas d'aller plus vite dans l'apprentissage et l'enseignement?
4) Quelle méthode (la méthode naturelle ou les manuels) est la plus enrichissante pour les élèves et pour le PE?
Mes questions :
1) D'où ou bien de qui cela vient-il?
2) Comment qu'on fait?
3) L'utilisation de manuels (voire le post concernés) ne permet il pas d'aller plus vite dans l'apprentissage et l'enseignement?
4) Quelle méthode (la méthode naturelle ou les manuels) est la plus enrichissante pour les élèves et pour le PE?
- gelsomina31Grand Maître
- RikkiMonarque
Ma belle-mère, qui est assez âgée, a enseigné à l'école Decroly après la guerre avec la méthode naturelle.
On en a discuté plus d'une fois.
Elle trouvait au début que mes méthodes syllabiques, vraiment, pffffff, et puis on est tombées d'accord sur le fait que les populations auxquelles nous nous adressions n'étaient pas vraiment les mêmes, et nos marges de manœuvre non plus !
Elle partait de phrases dictées par les enfants, faisait fonctionner une imprimerie dans la classe qui permettait aux gamins de repérer chaque lettre et de recomposer les mots, et construisait ensuite des histoires randonnées où les structures vues revenaient.
Ca marchait apparemment très bien.
On en a discuté plus d'une fois.
Elle trouvait au début que mes méthodes syllabiques, vraiment, pffffff, et puis on est tombées d'accord sur le fait que les populations auxquelles nous nous adressions n'étaient pas vraiment les mêmes, et nos marges de manœuvre non plus !
Elle partait de phrases dictées par les enfants, faisait fonctionner une imprimerie dans la classe qui permettait aux gamins de repérer chaque lettre et de recomposer les mots, et construisait ensuite des histoires randonnées où les structures vues revenaient.
Ca marchait apparemment très bien.
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mon site sur l'écriture : www.ecritureparis.fr
- gelsomina31Grand Maître
Rikki a écrit:Ma belle-mère, qui est assez âgée, a enseigné à l'école Decroly après la guerre avec la méthode naturelle.
On en a discuté plus d'une fois.
Elle trouvait au début que mes méthodes syllabiques, vraiment, pffffff, et puis on est tombées d'accord sur le fait que les populations auxquelles nous nous adressions n'étaient pas vraiment les mêmes, et nos marges de manœuvre non plus !
Elle partait de phrases dictées par les enfants, faisait fonctionner une imprimerie dans la classe qui permettait aux gamins de repérer chaque lettre et de recomposer les mots, et construisait ensuite des histoires randonnées où les structures vues revenaient.
Ca marchait apparemment très bien.
La méthode de ta grand-mère ressemble fort à la méthode Freinet, je me trompe?
Freinet était il le seul "créateur" ou "animateur" de la méthode naturelle d'apprentissage de la lecture?
- ClarinetteGrand Maître
La méthode naturelle est à mettre en relation avec les pédagogies institutionnelles et/ou dites actives.
La lecture et l'écriture ne sont pas vues comme des fins, mais des moyens, d'où l'imprimerie des "Freinétiques", pour imprimer le journal de classe, par exemple.
Perso, vu que je me voyais mal me lancer dans l'imprimerie, j'essayais de donner du sens à travers les animaux de la classe (cochons d'Inde et cétoines... et ma chienne... mais chut ! ), puisque les enfants rédigeaient des fiches et affiches sur leur entretien, leur alimentation, leurs mésaventures et autres anecdotes...
Et puis nous avions des correspondants d'une autre école, que nous rencontrions deux ou trois fois par an. Cela a commencé par des lettres (avec la collègue de l'autre classe, nous faisions très attention à apparier des élèves "compatibles") puis un roman à quatre mains, ou à deux classes, plutôt. Une classe envoyait le 1er hapitre aux autres, qui écrivaient le 2ème, puis le renvoyaient, etc...
Pour moi, la méthode naturelle en lecture, c'est donner du sens à ce qui n'en a pas forcément dans un manuel tout fait, mais je le répète, il faut se le sentir, être prêt à travailler comme un dingue, à faire flèche de tout bois... Un manuel sera toujours meilleur qu'une méthode naturelle pas assez rigoureuse ou maîtrisée.
La lecture et l'écriture ne sont pas vues comme des fins, mais des moyens, d'où l'imprimerie des "Freinétiques", pour imprimer le journal de classe, par exemple.
Perso, vu que je me voyais mal me lancer dans l'imprimerie, j'essayais de donner du sens à travers les animaux de la classe (cochons d'Inde et cétoines... et ma chienne... mais chut ! ), puisque les enfants rédigeaient des fiches et affiches sur leur entretien, leur alimentation, leurs mésaventures et autres anecdotes...
Et puis nous avions des correspondants d'une autre école, que nous rencontrions deux ou trois fois par an. Cela a commencé par des lettres (avec la collègue de l'autre classe, nous faisions très attention à apparier des élèves "compatibles") puis un roman à quatre mains, ou à deux classes, plutôt. Une classe envoyait le 1er hapitre aux autres, qui écrivaient le 2ème, puis le renvoyaient, etc...
Pour moi, la méthode naturelle en lecture, c'est donner du sens à ce qui n'en a pas forcément dans un manuel tout fait, mais je le répète, il faut se le sentir, être prêt à travailler comme un dingue, à faire flèche de tout bois... Un manuel sera toujours meilleur qu'une méthode naturelle pas assez rigoureuse ou maîtrisée.
- liliepingouinÉrudit
Qualifier de "naturelle" une méthode d'apprentissage de la lecture, culturel par excellence, me laisse pantoise...
Je ne la connaissais pas du tout et je suis contente du coup d'avoir lu ce post, mais vraiment, je ne me fais pas à son nom!
Je ne la connaissais pas du tout et je suis contente du coup d'avoir lu ce post, mais vraiment, je ne me fais pas à son nom!
_________________
Spheniscida qui se prend pour une Alcida.
"Laissons glouglouter les égouts." (J.Ferrat)
"Est-ce qu'on convainc jamais personne?" (R.Badinter)
Même si c'est un combat perdu d'avance, crier est important.
- ClarinetteGrand Maître
Oui, bien sûr que la lecture, c'est éminemment culturel, mais il est plus naturel d'apprendre à lire et à écrire parce qu'on en a besoin pour écrire à son correspondant que parce que la maîtresse l'a dit.
- liliepingouinÉrudit
hum, je me méfie comme de la peste de tout ce qui se prétend "naturel".
Il y a aussi beaucoup de choses qu'on apprend pour le plaisir pur, et qui ne servent à rien.
Cela n'enlève rien à l'intérêt de la méthode.
Il y a aussi beaucoup de choses qu'on apprend pour le plaisir pur, et qui ne servent à rien.
Cela n'enlève rien à l'intérêt de la méthode.
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Spheniscida qui se prend pour une Alcida.
"Laissons glouglouter les égouts." (J.Ferrat)
"Est-ce qu'on convainc jamais personne?" (R.Badinter)
Même si c'est un combat perdu d'avance, crier est important.
- ClarinetteGrand Maître
Mon inspecteur et ma directrice étaient suspicieux, eux aussi, quant à l'efficacité du truc.
Je les ai gardés dans ma classe un jour entre midi et deux pour leur montrer le sérieux du dispositif. Ils ont été impressionnés par les performances des élèves et la structuration rigoureuse de la méthode.
Et puis, quand les collègues du CE1 ont reçu mes anciens élèves et ceux du CP "traditionnel", toutes les éventuelles critiques ou craintes qui subsistaient se sont évaporées !
Je les ai gardés dans ma classe un jour entre midi et deux pour leur montrer le sérieux du dispositif. Ils ont été impressionnés par les performances des élèves et la structuration rigoureuse de la méthode.
Et puis, quand les collègues du CE1 ont reçu mes anciens élèves et ceux du CP "traditionnel", toutes les éventuelles critiques ou craintes qui subsistaient se sont évaporées !
- liliepingouinÉrudit
Oh mais je veux bien croire que, bien menée, elle soit efficace! Je trouve d'ailleurs que tu en parles avec beaucoup de nuance et de façon convaincante.
C'est juste son nom que je trouve déplacé. Ce n'est pas le plus important, ce qui compte, c'est que ça marche, mais le titre m'a vraiment interpellée.
C'est juste son nom que je trouve déplacé. Ce n'est pas le plus important, ce qui compte, c'est que ça marche, mais le titre m'a vraiment interpellée.
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Spheniscida qui se prend pour une Alcida.
"Laissons glouglouter les égouts." (J.Ferrat)
"Est-ce qu'on convainc jamais personne?" (R.Badinter)
Même si c'est un combat perdu d'avance, crier est important.
- RikkiMonarque
L'idée était d'apprendre à lire comme on apprenait à parler, "naturellement".
Le langage aussi est culturel, mais il vient naturellement aux enfants.
Bien sûr, les neurosciences ont depuis invalidé cette comparaison, dans la mesure où une aire de notre cerveau est "formatée par l'évolution" pour le langage, tandis que la lecture/écriture, invention récente, n'a pas modifié l'organisation de notre cerveau.
C'est ça que Dehaene explique quand il montre qu'une aire particulière du cerveau doit être "détournée" pour apprendre à lire.
La lecture ne PEUT donc pas être un acte naturel, puisque pour lire il faut désapprendre des capacités naturelles (reconnaître comme identique le même objet qu'il soit placé de gauche à droite ou de droite à gauche) et en apprendre d'autres.
Cela dit, dans l'histoire des méthodes de lectures, des noms ont été donnés au fil du temps, ils ne correspondent pas forcément à grand'chose, mais ils permettent à peu près de voir de quoi on parle. Je ne suis toujours pas très très sûre de la nature exacte de la méthode que j'utilise... syllabique synthétique phonético-gestuelle ?
Le langage aussi est culturel, mais il vient naturellement aux enfants.
Bien sûr, les neurosciences ont depuis invalidé cette comparaison, dans la mesure où une aire de notre cerveau est "formatée par l'évolution" pour le langage, tandis que la lecture/écriture, invention récente, n'a pas modifié l'organisation de notre cerveau.
C'est ça que Dehaene explique quand il montre qu'une aire particulière du cerveau doit être "détournée" pour apprendre à lire.
La lecture ne PEUT donc pas être un acte naturel, puisque pour lire il faut désapprendre des capacités naturelles (reconnaître comme identique le même objet qu'il soit placé de gauche à droite ou de droite à gauche) et en apprendre d'autres.
Cela dit, dans l'histoire des méthodes de lectures, des noms ont été donnés au fil du temps, ils ne correspondent pas forcément à grand'chose, mais ils permettent à peu près de voir de quoi on parle. Je ne suis toujours pas très très sûre de la nature exacte de la méthode que j'utilise... syllabique synthétique phonético-gestuelle ?
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- ClarinetteGrand Maître
C'est bien, que cela interpelle, ne serait-ce que pour faire s'interroger les enseignants de CP sur leurs pratiques, et pas que de CP, d'ailleurs.
Veillons-nous suffisamment à donner du sens à ce que nous enseignons ?
Veillons-nous suffisamment à donner du sens à ce que nous enseignons ?
- gelsomina31Grand Maître
Je veux bien changer le titre de ce fil mais je ne sais pas comment on fait.
edit : j'ai trouvé comment faire! :lol:
edit : j'ai trouvé comment faire! :lol:
- ClarinetteGrand Maître
Ah, tu as rajouté des guillemets.
- doublecasquetteEnchanteur
gelsomina31 a écrit:J'ouvre ce nouveau sujet car je suis très curieuse de cette pratique et je voudrais en savoir plus?
Mes questions :
1) D'où ou bien de qui cela vient-il?
Célestin Freinet, repris par la Pédagogie Institutionnelle, comme l'a dit Clarinette.
2) Comment qu'on fait?
On discute avec les élèves le matin (Quoi de Neuf ?) et assez vite se dégage un centre d'intérêt commun.
L'instit aiguille alors la classe vers un énoncé oral commun qui résumera, ouvrira une piste, racontera l'événement...
Cet énoncé est dit plusieurs fois, lentement. Pendant qu'il le dit avec les élèves, le maître peut tracer au tableau des traits horizontaux dont la longueur est proportionnelle à la longueur du mot énoncé.
Si c'est le premier texte, il ne le fait pas forcément, mais va tout en oralisant les mots les écrire lentement, en cursive ou en script, en articulant quasiment un à un les phonèmes qui composent ce mot.
Il fait relire cette phrase, mot par mot, aux élèves qui sont aussi encouragés à dire ce qu'ils remarquent.
La phrase est ensuite copiée, illustrée, relue, imprimée, plusieurs fois au cours de la journée.
Quand je travaillais en méthode naturelle, je réservais généralement le lendemain à des exercices de lecture intégrant les mots de cette phrase à de nouvelles phrases en début d'année puis, plus tard, le deuxième jour était réservé à l'étude d'un son et à la composition de mots nouveaux contenant ce son.
Au bout de quelques semaines, les élèves reconnaissent une trentaine de mots qu'ils rencontrent tous les jours et c'est grâce à ces mots qu'on va extraire une syllabe, une lettre, un son.
Ces syllabes, ces lettres, ces sons sont bien entendu réemployés et l'instit demande de plus en plus aux élèves de lui épeler ou écrire à sa place les mots qu'ils savent composer seuls lors de la rédaction des phrases suivantes.
Dès le début du deuxième trimestre, les élèves étaient généralement assez à l'aise pour que les textes s'étoffent et que, par ailleurs, ils lisent de plus en plus de textes seuls ou sous la direction du maître.
Ces textes étaient souvent issus des classes correspondantes, des BTj (séries de petits magazines documentaires à l'usage des CP/CE1), d'albums ou de journaux produits par l'ICEM ou ailleurs, et même parfois d'un manuel de lecture courante comme il en existait à l'époque pour toutes les classes de CP (dans ma classe, c'était Le Château de Pompon, de P.J. Bonzon).
3) L'utilisation de manuels (voire le post concernés) ne permet il pas d'aller plus vite dans l'apprentissage et l'enseignement?
Tout dépend ce qu'on fait les élèves avant, en GS. Chez moi, BM était un frein et je suis très contente de l'avoir abandonné cette année.
En revanche, ayant un triple niveau, et les élèves seulement 22 heures par semaine (contre 24 h 45 dans les années 1975/1989) et surtout seulement 4 jours par semaine au lieu de 4 jours et demi, ce qui change vraiment beaucoup de choses au niveau des petits CP, j'ai préféré reprendre la technique d'apprentissage de la lecture de la méthode "naturelle" (c'est-à-dire écriture précédant la lecture et analyse d'un ou plusieurs mots pour en déduire le son d'une lettre ou d'un groupe de lettres) sans la "perte de temps" (qui, comme le signale Mufab dans un autre post, n'en est pas une) occasionnée par la méthode naturelle vraie.
4) Quelle méthode (la méthode naturelle ou les manuels) est la plus enrichissante pour les élèves et pour le PE?
Ça je crois que c'est très personnel.
En méthode naturelle, c'est chaque année différent, même si l'ordre d'apprentissage des lettres et des sons varie peu d'une année sur l'autre, mais ça peut aussi être très déstabilisant, surtout quand on se rend compte au bout de deux ou trois semaines que, non, les élèves ne "démarrent" pas.
Il faut aussi une bonne dose d'imagination et être capable de se décentrer pour se mettre dans la peau du gamin de six ans. Un texte sur le développement durable ou sur la faim dans le monde, par exemple, ça va les brancher moyen alors que l'observation passionnée d'un ver de terre au creux d'une main terreuse, ça peut leur faire la semaine (et c'est bien pour le son "èr"...) !
Un manuel, c'est plus sécurisant. On se l'approprie peu à peu et au bout de deux ou trois ans, on est à l'aise avec et on sait où on va, où les gamins vont buter, à quel endroit on pourra au contraire lâcher du leste parce que ça roulera tout seul.
En revanche, on peut avoir vraiment l'impression de ronronner, sentir que le gros rat vert, Gafi le fantôme, Rémi, Colette, Marie qui a lâché sa rame et Dugenou qui a ramassé la vis, on ne peut plus les voir en peinture et que, même si on sait que ces histoires ne sont pas là pour qu'on s'éclate, nous, les instits, qu'il faut qu'on en sorte très vite !
J'ai l'impression que c'est ce qui arrive à de nombreux collègues qui changent de méthode pour leur classe de CP tous les trois ou quatre ans maximum. Ils sont ainsi passés ces dernières années de Gafi à Kimamila, puis de Kimamila à Chouette je lis et passeront l'an prochain de Chouette je lis à la prochaine daube à la mode chez les CPC...
C'est parfois très dommage (sauf pour Chouette je lis, si j'ai bien compris) parce que c'est justement quand ils arrivent à un certain stade de maîtrise qu'ils fichent tout en l'air et qu'ils sont obligés de tout reprendre à zéro.
Ceci dit, une méthode naturelle, dans les conditions actuelles, je ne la conseille pas plus que Clarinette : pas assez de temps, des élèves trop peu autonomes à l'entrée au CP, trop de matériel à reconstruire.
- ClarinetteGrand Maître
Que voilà un beau résumé ! Si tu n'existais pas, DC, il faudrait t'inventer !
Bref, la méthode naturelle, c'est peut-être un dinosaure inutilisable dans les conditions actuelles d'enseignement... mais qu'est-ce que c'était chouette !
Bref, la méthode naturelle, c'est peut-être un dinosaure inutilisable dans les conditions actuelles d'enseignement... mais qu'est-ce que c'était chouette !
- survivorNiveau 6
Oué, oué... Faut surtout des gamins bien francophones pour ce genre de truc. C'est bien beau d'apprendre à lire et écrire "naturellement" ce qu'on sait dire, mais quand on parle peu, mal ou pas du tout français, c'est pas gagné.
_________________
Tout a été enlevé sauf la tête
pour l’entêtement.
La tête jetée d’arrière en avant
comme un nœud.
Guy Viarre, Sans un
- gelsomina31Grand Maître
j'allais le dire!!Clarinette a écrit:Que voilà un beau résumé ! Si tu n'existais pas, DC, il faudrait t'inventer !
Survivor a écrit: Oué, oué... Faut surtout des gamins bien francophones pour ce genre de truc. C'est bien beau d'apprendre à lire et écrire "naturellement" ce qu'on sait dire, mais quand on parle peu, mal ou pas du tout français, c'est pas gagné.
oui mais Freinet et ses coreligionnaires avaient ils des élèves bien francophones? Il ya eu des correspondances avec des régions très fières de leurs langues locales comme la Bretagne, non?
- doublecasquetteEnchanteur
gelsomina31 a écrit:j'allais le dire!!Clarinette a écrit:Que voilà un beau résumé ! Si tu n'existais pas, DC, il faudrait t'inventer !Survivor a écrit: Oué, oué... Faut surtout des gamins bien francophones pour ce genre de truc. C'est bien beau d'apprendre à lire et écrire "naturellement" ce qu'on sait dire, mais quand on parle peu, mal ou pas du tout français, c'est pas gagné.
oui mais Freinet et ses coreligionnaires avaient ils des élèves bien francophones? Il ya eu des correspondances avec des régions très fières de leurs langues locales comme la Bretagne, non?
Oui.
Ils ont accueilli de 1923 à 1939 l'immigration italienne, polonaise, russe, espagnole, puis de 1945 à 1990, l'immigration espagnole, portugaise, algérienne, marocaine, tunisienne et africaine en général.
Sans compter dans les années qui précédèrent la Seconde Guerre Mondiale tous les enfants qui arrivaient à six ans à l'école en ne parlant que breton, basque, chti, alsacien, picard, provençal, occitan, catalan, corse, niçois et j'en oublie certainement...
- survivorNiveau 6
mouais.
_________________
Tout a été enlevé sauf la tête
pour l’entêtement.
La tête jetée d’arrière en avant
comme un nœud.
Guy Viarre, Sans un
- gelsomina31Grand Maître
survivor a écrit:mouais.
Là où je te rejoindrais Survivor, ce serait plutôt que les élèves et la société française à l'époque de Freinet avaient une image plus respectueuse de l'enseignant et voyaient davantage l'école comme un outil d'émancipation que comme une garderie.
- ClarinetteGrand Maître
Euh... ben non... justement, je pense que des méthodes actives peuvent être encore plus pertinentes en ZEP : quand j'ai dit ailleurs qu'on se créait des syllabes de référence avec les prénoms des gamins, j'ai bien dit : le "ma" de Mariam et le "sou" de Soufiane. Ce n'était pas un exemple en l'air.survivor a écrit:Oué, oué... Faut surtout des gamins bien francophones pour ce genre de truc. C'est bien beau d'apprendre à lire et écrire "naturellement" ce qu'on sait dire, mais quand on parle peu, mal ou pas du tout français, c'est pas gagné.
Dans ma classe, ce n'était pas un ghetto, mais plus de la moitié de mes élèves étaient maghrébins, et les autres étaient loin d'être des petits bourges avec un langage châtié. Bien sûr, c'est beaucoup plus dur à faire, et sans doute impossible, avec 100 % d'immigrés dont 10 roumains qui ne parlent pas français. Je tire d'ailleurs mon chapeau aux collègues qui enseignent dans ce genre d'environnement...
Mais bon, de toute façon, on a conclu plus haut que ce genre d'expériences appartenait sans doute malheureusement au passé...
L'intérêt d'en discuter, comme je l'ai déjà dit, c'est de s'interroger sur le sens que l'on donne aux apprentissages, surtout dans une classe aussi charnière que le CP, tu en sais quelque chose.
- doublecasquetteEnchanteur
survivor a écrit:mouais.
Si, si... C'était une méthode très utilisée en classe de perf, par exemple. Et à l'époque, quand un gamin arrivait à huit ou neuf ans (ou même plus) d'un pays de misère, on le collait soit au CP, soit en classe de perf où il apprenait en même temps à parler le français et à le lire et l'écrire...
Je me rappelle d'une distribution des prix, en 1966/1967, où la directrice de l'école où je finissais mon CM2 avait ainsi félicité et chaudement récompensé une jeune Portugaise du bidonville voisin âgée d'une bonne dizaine d'années (plutôt douze ou treize) qui dans l'année scolaire avait fait le premier trimestre au CP, le deuxième en CE2 et finissait le troisième trimestre 1° de sa classe de CM1 !
Mademoiselle Calzaroni, la directrice, et l'école, c'était l'école Jean Moulin, à Massy (91). Quand "les Portugais" étaient arrivés, tant du côté filles que du côté garçons, ils avaient ouvert une classe supplémentaire en pleine année scolaire, et nous étions passés de 38/39 par classe à 42/43...
Je me rappelle aussi une BT rédigée par des élèves d'une classe de l'école du chantier, près de Donzère, dans la Drôme, où les gamins, tous d'origine étrangère, racontaient comment leurs pères construisaient le canal qui régule le cours du Rhône, entre Donzère et Mondragon et quelle vie ils avaient dans les baraquements où leurs familles et leur école étaient installés, complètement à l'écart de la commune...
Il faudrait que je la retrouve, je vous la scannerais.
- survivorNiveau 6
Toute une époque... Je pense que la donne a bien changé.
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Tout a été enlevé sauf la tête
pour l’entêtement.
La tête jetée d’arrière en avant
comme un nœud.
Guy Viarre, Sans un
- doublecasquetteEnchanteur
survivor a écrit:Toute une époque... Je pense que la donne a bien changé.
Énormément...
Ce n'est pas pour rien que j'ai abandonné une méthode qui me convenait et qui convenait aux élèves au profit de Borel Maisonny en 1993/1994... après un flop mémorable avec Grégory et Élodie l'année précédente, et un demi-flop l'année d'avant avec Yann et Émilie.
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