- JPhMMDemi-dieu
Pardon...
- Spoiler:
- Spoiler:
- C'est un fou rire nerveux...
- Spoiler:
- :mdr3: :mdr3: :mdr3:
- LeclochardEmpereur
JPhMM a écrit:
Bien vu. C'est même pas fait exprès. :lol: J'aime bien le personnage un peu maladroit.
_________________
Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. (W.B)
- JPhMMDemi-dieu
J'adore Colombo.
_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. — John Locke
Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
- titritNiveau 8
dandelion a écrit:Je suis bien d'accord, mais le trac et le stress ne sont pas la même chose. Je n'aime pas parler en public et pourtant je suis prof. En classe j'ai une personnalité très différente et, bizarrement, enseigner m'a permis de prendre pas mal d'assurance. Je pense très sincèrement qu'on peut perdre tous ses moyens face à un jury et être pourtant en mesure d'assurer ses cours très professionnellement.Provence a écrit:Les débuts dans l'enseignement sont très souvent extrêmement éprouvants et stressants.dandelion a écrit:
Le trac intense et invalidant ressenti lors des concours a beaucoup moins lieu d'être dans le quotidien d'un enseignant.
Tout à fait d'accord. Je ressens exactement la même chose
D'ailleurs, j'aimerais bien savoir quoi faire car l'angoisse anti-concours a tendance à s'accentuer. J'accumule des connaissances qui ne servent à rien ...
J'approuve aussi le fait que ce métier est très usant psychologiquement pour des raisons vraiment pas très difficiles à comprendre et que j'ai lu des tas de fois sur ce forum.
Mais il ne faut pas tout confondre.
- VicomteDeValmontGrand sage
Rabelais a écrit:Les rapports de jury ont toujours déploré le niveau des candidats et c'est bien normal.
Néanmoins, il reste un concours et pour information, la barre d'admissibilité du capes de LM l'an passé a été la plus haute depuis près de 10 ans .
Quant à la phobie des concours, ne nous voilons pas la face, elle touche tous les candidats, il n'est jamais agréable d'affronter un jury de Capes.
C'est aussi cette capacité à se dépasser et à affronter ses peurs, fussent-elles les plus profondes, qui est évaluée.
C'est quand même à nuancer. L'an passé, c'était 2015 et elle était à 6,50.
C'est en 2014 qu'elle a été la plus haute (8/20 pour le concours ordinaire) mais c'est aussi là, sur les 10 dernières années, qu'elle a été la plus basse pour l'admission (7/20), ce qui n'est vraiment pas terrible...
- stephieluckyHabitué du forum
Bonjour
Il ne faut surtout augmenter le nombre de contractuels dans les académies mais le nombre de titulaires. Il a déjà beaucoup de contractuels dans les académies et il est très difficile pour les titulaires de rejoindre leur académie d'origine.
Il ne faut surtout augmenter le nombre de contractuels dans les académies mais le nombre de titulaires. Il a déjà beaucoup de contractuels dans les académies et il est très difficile pour les titulaires de rejoindre leur académie d'origine.
- lalilalaEmpereur
JPhMM a écrit:
:mdr3:
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Nuestra vida es un círculo dantesco.
Mon blog
- zouzFidèle du forum
stephielucky a écrit:Bonjour
Il ne faut surtout augmenter le nombre de contractuels dans les académies mais le nombre de titulaires. Il a déjà beaucoup de contractuels dans les académies et il est très difficile pour les titulaires de rejoindre leur académie d'origine.
Combien de contractuels dans l'académie de Créteil ? Que fait-on des contractuels déjà en poste ?
- e-WandererGrand sage
Il ne faut surtout pas se fier aux notes : il y a tellement de tripatouillage au CAPES… Alors, d'une année sur l'autre, c'est complètement illusoire !VicomteDeValmont a écrit:Rabelais a écrit:Les rapports de jury ont toujours déploré le niveau des candidats et c'est bien normal.
Néanmoins, il reste un concours et pour information, la barre d'admissibilité du capes de LM l'an passé a été la plus haute depuis près de 10 ans .
Quant à la phobie des concours, ne nous voilons pas la face, elle touche tous les candidats, il n'est jamais agréable d'affronter un jury de Capes.
C'est aussi cette capacité à se dépasser et à affronter ses peurs, fussent-elles les plus profondes, qui est évaluée.
C'est quand même à nuancer. L'an passé, c'était 2015 et elle était à 6,50.
C'est en 2014 qu'elle a été la plus haute (8/20 pour le concours ordinaire) mais c'est aussi là, sur les 10 dernières années, qu'elle a été la plus basse pour l'admission (7/20), ce qui n'est vraiment pas terrible...
En gros, on fixe un barème de correction théorique, mais si on l'applique, on a 4 ou 5/20 de moyenne. Or le directoire nous dit explicitement qu'il faut une moyenne autour de 7 "car sinon, ça donnerait une mauvaise image de la profession". L'année de ma première participation au jury, on arrivait avec ma binôme de correction à 6,5 (en ayant déjà eu le sentiment de tirer vraiment les notes au maximum), alors le jour de la délibération, le directoire nous a obligés à remonter arbitrairement toutes les notes d'un point. Donc les années suivantes, on mettait tout de suite 2 points de plus aux copies au-dessus de la moyenne, pour être dans les clous. Il faut aussi savoir que les copies inférieures à 2/20 ne sont pas comptées dans la moyenne générale du concours : c'est commode comme supercherie… À l'oral, c'est le même cirque, sous prétexte qu'il ne faut pas de disparités entre les commissions. Et il est évident qu'avec la raréfaction des candidats (7500 en 2000, 1400 en 2013…), les consignes de correction doivent encore accentuer cette tendance.
Il faut redire ici que le jury n'a pas le même rôle ni les mêmes objectifs que le ministère ou les rectorats. Le jury est là pour juger du niveau général des candidats et de leur aptitude à enseigner (CAPES = Certificat d'Aptitude etc…). Le ministère, lui, veut mettre un prof dans chaque classe. S'il recrute des vacataires qui n'ont pas le concours, c'est de sa responsabilité (et de celles des parents, qui acceptent ou non cette situation). Certains ont le niveau (et c'est heureux), d'autre pas… Il ne s'agit d'ailleurs pas de juger les contractuels, et encore moins comme personnes : chacun a son parcours de vie, naturellement, et ça peut aussi correspondre à un choix stratégique (ne pas passer le CAPES pour rester dans sa région, pouvoir éviter les REP etc. Mon ex a vécu comme ça pendant 5 ou 6 ans, en sacrifiant une part de son salaire, mais avec l'avantage d'enseigner dans des établissements privés bien tenus, à Paris intra muros, et avec la liberté de partir si l'établissement ne lui convenait pas. On la rappelait pourtant toujours immédiatement : la pénurie de profs de LC a du bon…).
- Sylvain de Saint-SylvainGrand sage
e-Wanderer a écrit:
En gros, on fixe un barème de correction théorique, mais si on l'applique, on a 4 ou 5/20 de moyenne. Or le directoire nous dit explicitement qu'il faut une moyenne autour de 7 "car sinon, ça donnerait une mauvaise image de la profession". L'année de ma première participation au jury, on arrivait avec ma binôme de correction à 6,5 (en ayant déjà eu le sentiment de tirer vraiment les notes au maximum), alors le jour de la délibération, le directoire nous a obligés à remonter arbitrairement toutes les notes d'un point. Donc les années suivantes, on mettait tout de suite 2 points de plus aux copies au-dessus de la moyenne, pour être dans les clous. Il faut aussi savoir que les copies inférieures à 2/20 ne sont pas comptées dans la moyenne générale du concours : c'est commode comme supercherie… À l'oral, c'est le même cirque, sous prétexte qu'il ne faut pas de disparités entre les commissions. Et il est évident qu'avec la raréfaction des candidats (7500 en 2000, 1400 en 2013…), les consignes de correction doivent encore accentuer cette tendance.
Qu'est-ce qui vous oblige à leur obéir ?
- ProvençalLeGauloisExpert
zouz a écrit:stephielucky a écrit:Bonjour
Il ne faut surtout augmenter le nombre de contractuels dans les académies mais le nombre de titulaires. Il a déjà beaucoup de contractuels dans les académies et il est très difficile pour les titulaires de rejoindre leur académie d'origine.
Combien de contractuels dans l'académie de Créteil ? Que fait-on des contractuels déjà en poste ?
Créteil est-elle vraiment une académie difficile à obtenir pour les titulaires ? On sait bien que non.
C'est quoi, un contractuel déjà en poste ? Il est en poste pour l'année scolaire dans le meilleur des cas.
Si l'année suivante, le poste qu'il occupe est demandé par un titulaire avec les points suffisants, il doit trouver un autre poste.
- zouzFidèle du forum
Donc, on s’accommode très bien de la présence des contractuels dans certaines académies. Pour ce qui est des postes qui se libèrent, bien sûr que les contractuels cèdent la place, c'est la règle, rien à redire là dessus. Mon point était le suivant: certains souhaitent se débarrasser des contractuels, très bien, mais que fait-on de ceux qui ont de l'ancienneté ?
- e-WandererGrand sage
Pas mal de choses.Sylvain de Saint-Sylvain a écrit:e-Wanderer a écrit:
En gros, on fixe un barème de correction théorique, mais si on l'applique, on a 4 ou 5/20 de moyenne. Or le directoire nous dit explicitement qu'il faut une moyenne autour de 7 "car sinon, ça donnerait une mauvaise image de la profession". L'année de ma première participation au jury, on arrivait avec ma binôme de correction à 6,5 (en ayant déjà eu le sentiment de tirer vraiment les notes au maximum), alors le jour de la délibération, le directoire nous a obligés à remonter arbitrairement toutes les notes d'un point. Donc les années suivantes, on mettait tout de suite 2 points de plus aux copies au-dessus de la moyenne, pour être dans les clous. Il faut aussi savoir que les copies inférieures à 2/20 ne sont pas comptées dans la moyenne générale du concours : c'est commode comme supercherie… À l'oral, c'est le même cirque, sous prétexte qu'il ne faut pas de disparités entre les commissions. Et il est évident qu'avec la raréfaction des candidats (7500 en 2000, 1400 en 2013…), les consignes de correction doivent encore accentuer cette tendance.
Qu'est-ce qui vous oblige à leur obéir ?
1) la naïveté. À l'époque, je débutais comme MCF, je n'avais pas de recul sur les pratiques en cours, et comme tout le monde autour de moi avait l'air de trouver ça normal, je me disais que j'étais peut-être trop exigeant. Ce n'est pas un argument de facilité : quand on sort à peine d'un cursus très long et très élitiste (ENS, agreg, thèse, sélection MCF…) et qu'on débarque dans un concours de recrutement de masse, on a forcément du mal à s'étalonner. On parle d'un jury qui devait recruter 1500 personnes parmi 7500 candidats, avec plus de 3000 admissibles. C'était vraiment l'usine ! Il y avait 24 commissions pour chaque épreuve…
2) l'espoir. On voyait passer des candidats qui, dans leur écrasante majorité, avaient 22-23 ans (c'est un peu plus aujourd'hui avec la mastérisation) : il y a forcément une forme de pari sur l'avenir. En résumé, sur 7 candidats quotidiens à l'oral, il y en avait 2 qu'on pouvait recruter sans trop de problème, 2 qu'il fallait impérativement écarter, et les 3 autres avaient des lacunes importantes. C'est entre ces trois-là qu'il fallait choisir. On aurait bien sûr préféré leur dire de repasser l'année suivante, mais on pouvait aussi pour certains, mettre ces lacunes sur le compte de l'âge. En tout cas, on avait encore les moyens d'écarter les "dangers publics". Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui, si j'en juge par certains noms que j'ai vus sur la liste des reçus… Là, je ne cautionne plus, et c'est bien pourquoi je ne veux plus siéger au CAPES.
3) le pragmatisme. On te fait comprendre très clairement que le CAPES externe n'est qu'une voie parmi d'autres de recrutement, et que le CAPES s'obtient aussi par plein d'autres voies (concours interne, liste d'aptitude, concours réservé…). Et que comme l'externe est la voie la plus rigoureuse, il vaut mieux recruter par cette voie.
4) le côté humain. Sans être responsable de la situation, le jury est forcément sensible au sort fait aux éternels contractuels que le ministère refuse de titulariser mais emploie tout de même année après année. Je ne sais pas si c'est un défaut ou un manque d'objectivité, mais j'ai toujours été assez touché par cet aspect-là des choses : idem, à l'agreg interne, face aux candidats qui, la cinquantaine passée, acceptent de se mettre à nu devant un jury souvent plus jeune, sur la base d'exercices qui correspondent en partie à leur pratique professionnelle. C'est assez violent comme situation.
5) la curiosité. Professionnellement, c'est très intéressant de voir comment fonctionne un jury, surtout quand on assure soi-même chaque année une préparation CAPES et/ou agrégation. Et c'est intéressant de croiser pendant les 3 semaines d'oraux des collègues de la France entière, venus d'horizons différents : inspection, classes prépa, lycées, universités, IUT, IUFM… Hors des jurys de concours, je n'ai aucune occasion de croiser des inspecteurs, de voir comment ils fonctionnent. Bref, c'est une expérience que je ne regrette pas (humainement aussi, car on croise plein de chouettes personnes et aussi de drôles d'énergumènes… Une sorte de ruche de l'EN, c'est fascinant). Il aurait été dommage de se faire virer du jury (ce qui peut arriver en cas de désaccord manifeste : j'ai vu le cas dans un autre concours).
Voilà, j'espère que ce résumé est à peu près honnête.
- amourExpert
choup78 a écrit:Et puis pardon mais je connais des professeurs certifiés qui sont comment dire.... bien moins bons (voire très mauvais!) que certains contractuels. Ils sont pourtant passés devant un jury et ont obtenu leur concours.
Rien de personnel, choup, mais il me semble toujours étrange qu'un collègue puisse évaluer le niveau disciplinaire de ses collègues. De manière positive ou négative. A moins bien sûr que tu ne sois jury de concours et que tu formes des contractuels.
- Sylvain de Saint-SylvainGrand sage
e-Wanderer a écrit:Pas mal de choses.Sylvain de Saint-Sylvain a écrit:e-Wanderer a écrit:
En gros, on fixe un barème de correction théorique, mais si on l'applique, on a 4 ou 5/20 de moyenne. Or le directoire nous dit explicitement qu'il faut une moyenne autour de 7 "car sinon, ça donnerait une mauvaise image de la profession". L'année de ma première participation au jury, on arrivait avec ma binôme de correction à 6,5 (en ayant déjà eu le sentiment de tirer vraiment les notes au maximum), alors le jour de la délibération, le directoire nous a obligés à remonter arbitrairement toutes les notes d'un point. Donc les années suivantes, on mettait tout de suite 2 points de plus aux copies au-dessus de la moyenne, pour être dans les clous. Il faut aussi savoir que les copies inférieures à 2/20 ne sont pas comptées dans la moyenne générale du concours : c'est commode comme supercherie… À l'oral, c'est le même cirque, sous prétexte qu'il ne faut pas de disparités entre les commissions. Et il est évident qu'avec la raréfaction des candidats (7500 en 2000, 1400 en 2013…), les consignes de correction doivent encore accentuer cette tendance.
Qu'est-ce qui vous oblige à leur obéir ?
1) la naïveté. À l'époque, je débutais comme MCF, je n'avais pas de recul sur les pratiques en cours, et comme tout le monde autour de moi avait l'air de trouver ça normal, je me disais que j'étais peut-être trop exigeant. Ce n'est pas un argument de facilité : quand on sort à peine d'un cursus très long et très élitiste (ENS, agreg, thèse, sélection MCF…) et qu'on débarque dans un concours de recrutement de masse, on a forcément du mal à s'étalonner. On parle d'un jury qui devait recruter 1500 personnes parmi 7500 candidats, avec plus de 3000 admissibles. C'était vraiment l'usine ! Il y avait 24 commissions pour chaque épreuve…
2) l'espoir. On voyait passer des candidats qui, dans leur écrasante majorité, avaient 22-23 ans (c'est un peu plus aujourd'hui avec la mastérisation) : il y a forcément une forme de pari sur l'avenir. En résumé, sur 7 candidats quotidiens à l'oral, il y en avait 2 qu'on pouvait recruter sans trop de problème, 2 qu'il fallait impérativement écarter, et les 3 autres avaient des lacunes importantes. C'est entre ces trois-là qu'il fallait choisir. On aurait bien sûr préféré leur dire de repasser l'année suivante, mais on pouvait aussi pour certains, mettre ces lacunes sur le compte de l'âge. En tout cas, on avait encore les moyens d'écarter les "dangers publics". Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui, si j'en juge par certains noms que j'ai vus sur la liste des reçus… Là, je ne cautionne plus, et c'est bien pourquoi je ne veux plus siéger au CAPES.
3) le pragmatisme. On te fait comprendre très clairement que le CAPES externe n'est qu'une voie parmi d'autres de recrutement, et que le CAPES s'obtient aussi par plein d'autres voies (concours interne, liste d'aptitude, concours réservé…). Et que comme l'externe est la voie la plus rigoureuse, il vaut mieux recruter par cette voie.
4) le côté humain. Sans être responsable de la situation, le jury est forcément sensible au sort fait aux éternels contractuels que le ministère refuse de titulariser mais emploie tout de même année après année. Je ne sais pas si c'est un défaut ou un manque d'objectivité, mais j'ai toujours été assez touché par cet aspect-là des choses : idem, à l'agreg interne, face aux candidats qui, la cinquantaine passée, acceptent de se mettre à nu devant un jury souvent plus jeune, sur la base d'exercices qui correspondent en partie à leur pratique professionnelle. C'est assez violent comme situation.
5) la curiosité. Professionnellement, c'est très intéressant de voir comment fonctionne un jury, surtout quand on assure soi-même chaque année une préparation CAPES et/ou agrégation. Et c'est intéressant de croiser pendant les 3 semaines d'oraux des collègues de la France entière, venus d'horizons différents : inspection, classes prépa, lycées, universités, IUT, IUFM… Hors des jurys de concours, je n'ai aucune occasion de croiser des inspecteurs, de voir comment ils fonctionnent. Bref, c'est une expérience que je ne regrette pas (humainement aussi, car on croise plein de chouettes personnes et aussi de drôles d'énergumènes… Une sorte de ruche de l'EN, c'est fascinant). Il aurait été dommage de se faire virer du jury (ce qui peut arriver en cas de désaccord manifeste : j'ai vu le cas dans un autre concours).
Voilà, j'espère que ce résumé est à peu près honnête.
Je n'en demandais pas tant, mais c'est intéressant, merci.
- BoubouleDoyen
e-Wanderer a écrit:Pas mal de choses.Sylvain de Saint-Sylvain a écrit:e-Wanderer a écrit:
En gros, on fixe un barème de correction théorique, mais si on l'applique, on a 4 ou 5/20 de moyenne. Or le directoire nous dit explicitement qu'il faut une moyenne autour de 7 "car sinon, ça donnerait une mauvaise image de la profession". L'année de ma première participation au jury, on arrivait avec ma binôme de correction à 6,5 (en ayant déjà eu le sentiment de tirer vraiment les notes au maximum), alors le jour de la délibération, le directoire nous a obligés à remonter arbitrairement toutes les notes d'un point. Donc les années suivantes, on mettait tout de suite 2 points de plus aux copies au-dessus de la moyenne, pour être dans les clous. Il faut aussi savoir que les copies inférieures à 2/20 ne sont pas comptées dans la moyenne générale du concours : c'est commode comme supercherie… À l'oral, c'est le même cirque, sous prétexte qu'il ne faut pas de disparités entre les commissions. Et il est évident qu'avec la raréfaction des candidats (7500 en 2000, 1400 en 2013…), les consignes de correction doivent encore accentuer cette tendance.
Qu'est-ce qui vous oblige à leur obéir ?
1) la naïveté. À l'époque, je débutais comme MCF, je n'avais pas de recul sur les pratiques en cours, et comme tout le monde autour de moi avait l'air de trouver ça normal, je me disais que j'étais peut-être trop exigeant. Ce n'est pas un argument de facilité : quand on sort à peine d'un cursus très long et très élitiste (ENS, agreg, thèse, sélection MCF…) et qu'on débarque dans un concours de recrutement de masse, on a forcément du mal à s'étalonner. On parle d'un jury qui devait recruter 1500 personnes parmi 7500 candidats, avec plus de 3000 admissibles. C'était vraiment l'usine ! Il y avait 24 commissions pour chaque épreuve…
2) l'espoir. On voyait passer des candidats qui, dans leur écrasante majorité, avaient 22-23 ans (c'est un peu plus aujourd'hui avec la mastérisation) : il y a forcément une forme de pari sur l'avenir. En résumé, sur 7 candidats quotidiens à l'oral, il y en avait 2 qu'on pouvait recruter sans trop de problème, 2 qu'il fallait impérativement écarter, et les 3 autres avaient des lacunes importantes. C'est entre ces trois-là qu'il fallait choisir. On aurait bien sûr préféré leur dire de repasser l'année suivante, mais on pouvait aussi pour certains, mettre ces lacunes sur le compte de l'âge. En tout cas, on avait encore les moyens d'écarter les "dangers publics". Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui, si j'en juge par certains noms que j'ai vus sur la liste des reçus… Là, je ne cautionne plus, et c'est bien pourquoi je ne veux plus siéger au CAPES.
3) le pragmatisme. On te fait comprendre très clairement que le CAPES externe n'est qu'une voie parmi d'autres de recrutement, et que le CAPES s'obtient aussi par plein d'autres voies (concours interne, liste d'aptitude, concours réservé…). Et que comme l'externe est la voie la plus rigoureuse, il vaut mieux recruter par cette voie.
4) le côté humain. Sans être responsable de la situation, le jury est forcément sensible au sort fait aux éternels contractuels que le ministère refuse de titulariser mais emploie tout de même année après année. Je ne sais pas si c'est un défaut ou un manque d'objectivité, mais j'ai toujours été assez touché par cet aspect-là des choses : idem, à l'agreg interne, face aux candidats qui, la cinquantaine passée, acceptent de se mettre à nu devant un jury souvent plus jeune, sur la base d'exercices qui correspondent en partie à leur pratique professionnelle. C'est assez violent comme situation.
5) la curiosité. Professionnellement, c'est très intéressant de voir comment fonctionne un jury, surtout quand on assure soi-même chaque année une préparation CAPES et/ou agrégation. Et c'est intéressant de croiser pendant les 3 semaines d'oraux des collègues de la France entière, venus d'horizons différents : inspection, classes prépa, lycées, universités, IUT, IUFM… Hors des jurys de concours, je n'ai aucune occasion de croiser des inspecteurs, de voir comment ils fonctionnent. Bref, c'est une expérience que je ne regrette pas (humainement aussi, car on croise plein de chouettes personnes et aussi de drôles d'énergumènes… Une sorte de ruche de l'EN, c'est fascinant). Il aurait été dommage de se faire virer du jury (ce qui peut arriver en cas de désaccord manifeste : j'ai vu le cas dans un autre concours).
Voilà, j'espère que ce résumé est à peu près honnête.
On peut ajouter qu'en obéissant on garde paradoxalement une certaine liberté (de choix) ; en physique-chimie, l'application du barème à l'écrit conduit pour chaque copie à un certain total (par exemple sur 244) . Le directoire fixe dans son coin la moyenne, l'écart-type qu'il souhaite à partir des différents totaux donc le correcteur ne maîtrise pas la note finale.
- e-WandererGrand sage
Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
- BoubouleDoyen
e-Wanderer a écrit:Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
Oui effectivement, le directoire propose et le jury vote (en fait, c'est plutôt "qui n'est pas d'accord ?"). On peut donc dire que c'est bien le jury qui a décidé.
Si on lit les derniers rapports de de l'agrégation interne de physique-chimie, on voit qu'à l'oral, aucune note n'est strictement inférieure à 5. C'est bien le jury qui fixe les notes mais le directoire a dit avant : "pas de note en dessous de 05/20".
- dami1kdHabitué du forum
e-Wanderer a écrit:Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
C'est exactement comme ça que se déroule le CRPE dans mon académie, à la nuance près que le président du jury précise : si on en prend X, ça vous en fera tant par jour et vous finirez à 17h; si on en prend Y, vous finirez à 18h et si on en prend Z, vous finirez vos journées à 19h. Alors, que choisissez-vous ?
- JPhMMDemi-dieu
Sympathique.
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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. — John Locke
Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
- BoubouleDoyen
dami1kd a écrit:e-Wanderer a écrit:Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
C'est exactement comme ça que se déroule le CRPE dans mon académie, à la nuance près que le président du jury précise : si on en prend X, ça vous en fera tant par jour et vous finirez à 17h; si on en prend Y, vous finirez à 18h et si on en prend Z, vous finirez vos journées à 19h. Alors, que choisissez-vous ?
Moi, j'ai plutôt vécu le "on a tel budget, ça fait tant d'admissibles"...
- titritNiveau 8
Bouboule a écrit:dami1kd a écrit:e-Wanderer a écrit:Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
C'est exactement comme ça que se déroule le CRPE dans mon académie, à la nuance près que le président du jury précise : si on en prend X, ça vous en fera tant par jour et vous finirez à 17h; si on en prend Y, vous finirez à 18h et si on en prend Z, vous finirez vos journées à 19h. Alors, que choisissez-vous ?
Moi, j'ai plutôt vécu le "on a tel budget, ça fait tant d'admissibles"...
Je comprends mieux!
- dami1kdHabitué du forum
Bouboule a écrit:dami1kd a écrit:e-Wanderer a écrit:Ça pour le coup, c'est étonnant ! En lettres, le jury fixe tout de même les notes, vote la barre etc. Même si évidemment le directoire met encore son grain de sel : "Bon, alors, compte tenu des attentes du ministère, on vous propose 6,9 ou bien 7 ou bien 7,1, ce qui nous donnerait respectivement X, Y, Z reçus. 6,9 c'est un peu trop bas. 7,1 un peu trop haut. Qu'est-ce que vous choisissez ?" :lol:
C'est exactement comme ça que se déroule le CRPE dans mon académie, à la nuance près que le président du jury précise : si on en prend X, ça vous en fera tant par jour et vous finirez à 17h; si on en prend Y, vous finirez à 18h et si on en prend Z, vous finirez vos journées à 19h. Alors, que choisissez-vous ?
Moi, j'ai plutôt vécu le "on a tel budget, ça fait tant d'admissibles"...
En fait, ça va ensemble. "On dispose de tant de salles pendant tant de jours, donc si on en prend plus, ça joue obligatoirement sur les horaires".
- luxNiveau 9
Voici un article paru il y a quelques heures : Entre 250 et 400 classes sans instit tous les jours en Seine-Saint-Denis
- jésusFidèle du forum
intéressant tout ça...
En philo où les taux de réussite sont à 9 ou 10%, il y a chaque année des recalés qui sortent de l'ens, de prépa, ou qui ont un bon niveau universitaire. Et ils n'ont plus qu'à retenter leur chance. Des candidats et de futurs profs qui ont du mérite se retrouvent donc sur le carreau.
Chaque concours a ses spécificités et généraliser à partir d'un exemple est compliqué.
Le prétendu bas niveau des collés, des contractuels est un faux problème. Le vrai problème est l'attractivité du métier, son sens. Si le niveau baisse au concours, ce n'est certainement pas que les étudiants sont tous devenus bêtes mais le fait qu'on n'investit plus autant de travail qu'avant pour l'obtenir.
En somme, on ne s'arrache pas pour un job qui sera un pis-aller, un job alimentaire sans plus. Moi-même , je ne vois plus l'intérêt de passer une année monacale comme j'ai pu le faire pour obtenir un travail devenu quasi repoussoir.
Quand on lit les rapports de jury qui déplorent le bas niveau des candidats, et que la question du sens de l'effort, du métier et de son évolution n'est jamais posée. Dans les rapports, on parle de tout sauf de l'EN... . Rapports de plus en plus indigestes et obscurs et qui ne font plus référence au monde extérieur. ( certes, ce n'est pas le lieu, mais ils manquent en général de perspective)
En philo où les taux de réussite sont à 9 ou 10%, il y a chaque année des recalés qui sortent de l'ens, de prépa, ou qui ont un bon niveau universitaire. Et ils n'ont plus qu'à retenter leur chance. Des candidats et de futurs profs qui ont du mérite se retrouvent donc sur le carreau.
Chaque concours a ses spécificités et généraliser à partir d'un exemple est compliqué.
Le prétendu bas niveau des collés, des contractuels est un faux problème. Le vrai problème est l'attractivité du métier, son sens. Si le niveau baisse au concours, ce n'est certainement pas que les étudiants sont tous devenus bêtes mais le fait qu'on n'investit plus autant de travail qu'avant pour l'obtenir.
En somme, on ne s'arrache pas pour un job qui sera un pis-aller, un job alimentaire sans plus. Moi-même , je ne vois plus l'intérêt de passer une année monacale comme j'ai pu le faire pour obtenir un travail devenu quasi repoussoir.
Quand on lit les rapports de jury qui déplorent le bas niveau des candidats, et que la question du sens de l'effort, du métier et de son évolution n'est jamais posée. Dans les rapports, on parle de tout sauf de l'EN... . Rapports de plus en plus indigestes et obscurs et qui ne font plus référence au monde extérieur. ( certes, ce n'est pas le lieu, mais ils manquent en général de perspective)
- HonchampDoyen
jésus a écrit:intéressant tout ça...
En philo où les taux de réussite sont à 9 ou 10%, il y a chaque année des recalés qui sortent de l'ens, de prépa, ou qui ont un bon niveau universitaire. Et ils n'ont plus qu'à retenter leur chance. Des candidats et de futurs profs qui ont du mérite se retrouvent donc sur le carreau.
Chaque concours a ses spécificités et généraliser à partir d'un exemple est compliqué.
Le prétendu bas niveau des collés, des contractuels est un faux problème. Le vrai problème est l'attractivité du métier, son sens. Si le niveau baisse au concours, ce n'est certainement pas que les étudiants sont tous devenus bêtes mais le fait qu'on n'investit plus autant de travail qu'avant pour l'obtenir.
En somme, on ne s'arrache pas pour un job qui sera un pis-aller, un job alimentaire sans plus. Moi-même , je ne vois plus l'intérêt de passer une année monacale comme j'ai pu le faire pour obtenir un travail devenu quasi repoussoir.
Quand on lit les rapports de jury qui déplorent le bas niveau des candidats, et que la question du sens de l'effort, du métier et de son évolution n'est jamais posée. Dans les rapports, on parle de tout sauf de l'EN... . Rapports de plus en plus indigestes et obscurs et qui ne font plus référence au monde extérieur. ( certes, ce n'est pas le lieu, mais ils manquent en général de perspective)
Sans compter que certains concours sont très marqués par les épreuves -je ne sais pas trop comment dire- "pédagogico/didactiques".
En langues, et au concours de PE, particulièrement à l'oral.
Une copine formatrice me disait l'an passé que les jeunes "avaient intérêt à être dans le moule". Que certains de ceux qui "avaient la moelle" ne seraient certainement pas reçus. (Concours de PE dans mon académie).
Je pense que ces épreuves desservent certains candidats.
En langues, peut-être pas s'il y a des universitaires dans les jurys. Mais s'il y a beaucoup de formateurs ESPE ou d'IEN, certainement.
Peut-être moins dans les autres disciplines ?
Par ailleurs, je m'étonne toujours du fait qu'on fasse imaginer des leçons à des jeunes qui n'ont que très peu vu des élèves. En langues, en MEEF 1, ils sont parfois en stage à 3 dans une classe chez un même prof d'accueil !!!
Bref, ne rejette-t-on pas à certains concours des jeunes qui auraient la trempe pour être profs, mais pas "les usages "?
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"Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assise par terre comme ça.."
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