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- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Cela fait longtemps que j'ai envie de créer un topic sur ce thème et je crois que les temps y sont propices.
J'emprunte le titre de mon topic à l'excellent ouvrage d'Edith Stein sur le sujet.
A quelle condition l'empathie est-elle possible ?
Quelles sont les limites de l'empathie ? Peut-on considérer l'empathie comme un phénomène transcendant ?
L'empathie signifie-t-elle autre chose qu'une tentative de se mettre à la place de l'autre en imaginant son vécu à partir du mien?
J'ajoute une citation de Ricoeur :
« La connaissance de moi-même est toujours à quelque degré un guide dans le déchiffrement d’autrui, bien qu’autrui soit d’abord et principalement une révélation originale de l’intropathie.»
PAUL RICOEUR, Philosophie de la volonté, I
L’intropathie étant ce qui permet à l’ego de rendre compte de l’existence d’un autre.
J'emprunte le titre de mon topic à l'excellent ouvrage d'Edith Stein sur le sujet.
A quelle condition l'empathie est-elle possible ?
Quelles sont les limites de l'empathie ? Peut-on considérer l'empathie comme un phénomène transcendant ?
L'empathie signifie-t-elle autre chose qu'une tentative de se mettre à la place de l'autre en imaginant son vécu à partir du mien?
J'ajoute une citation de Ricoeur :
« La connaissance de moi-même est toujours à quelque degré un guide dans le déchiffrement d’autrui, bien qu’autrui soit d’abord et principalement une révélation originale de l’intropathie.»
PAUL RICOEUR, Philosophie de la volonté, I
L’intropathie étant ce qui permet à l’ego de rendre compte de l’existence d’un autre.
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«Primus ego in patriam mecum, modo uita supersit. »
Virgile Georgiques.
« Ma science ne peut être qu’une science de pointillés. Je n’ai ni le temps ni les moyens de tracer une ligne continue. »
Marcel Jousse
- gauvain31Empereur
Je ne suis pas du tout philosophe, j'apporte juste modeste témoignage de ce que j'ai vu autour de moi (et d'une part de mon expérience personnelle). L'empathie est pour moi à la fois le résultat d'une éducation , mais aussi le résultats des expériences, des épreuves que nous impose la vie (donc à la fois transcendant et immanent?) J'ai connu des personnes qui m'ont témoigner avoir ressenti beaucoup plus d'empathie après un deuil, auprès de personnes qui sont dans la souffrance. Mais pour moi on n'est pas obligé d'avoir vécu le même vécu que l'Autre pour avoir de l'empathie.Néanmoins, avec le temps, on accumule une expérience de vie qui fait que l'on rencontre forcément et de plus en plus des personnes qui ont le même vécu de vous: le "degré" d'empathie peut s'accroître avec l'âge.
A quelle condition l'empathie est-elle possible? Très difficile à dire pour moi, on peut observer néanmoins chez des Primates des comportements altruiste qui pourraient le fruit d'une certaine empathie. Par exemple une guenon adoptant un nouveau jeune alors qu'elle s'occupe déjà du sien...Esr-ce une forme d'empathie difficile à dire. Si c'est le cas, cela voudrait dire qu'il ya peut être une composante génétique à l'empathie (du moins chez les Mammifères supérieurs ) en plus d'une composante environnementale évidente
Quelles sont les limites de l'empathie? je ne comprends pas trop cette question : cela veut-t-il dire jusqu'à quel point peut-on se mettre à la place d'autrui? Ou alors y-a-il des sentiments qu'il faut s’interdire de ressentir à cause d'actes eux-même interdit par la loi et/ou par la morale?: par exemple avoir de l'empathie pour un tueur en série. J'avoue que je sèche sur cette dernière question
Merci Paul d'ouvrir ce fil car c'est une question qui parfois me parcourt, mais sans avoir le même niveau de questionnement ni le même niveau de réflexion que toi
A quelle condition l'empathie est-elle possible? Très difficile à dire pour moi, on peut observer néanmoins chez des Primates des comportements altruiste qui pourraient le fruit d'une certaine empathie. Par exemple une guenon adoptant un nouveau jeune alors qu'elle s'occupe déjà du sien...Esr-ce une forme d'empathie difficile à dire. Si c'est le cas, cela voudrait dire qu'il ya peut être une composante génétique à l'empathie (du moins chez les Mammifères supérieurs ) en plus d'une composante environnementale évidente
Quelles sont les limites de l'empathie? je ne comprends pas trop cette question : cela veut-t-il dire jusqu'à quel point peut-on se mettre à la place d'autrui? Ou alors y-a-il des sentiments qu'il faut s’interdire de ressentir à cause d'actes eux-même interdit par la loi et/ou par la morale?: par exemple avoir de l'empathie pour un tueur en série. J'avoue que je sèche sur cette dernière question
Merci Paul d'ouvrir ce fil car c'est une question qui parfois me parcourt, mais sans avoir le même niveau de questionnement ni le même niveau de réflexion que toi
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
par exemple avoir de l'empathie pour un tueur en série.
Oui, Gauvain, le livre d'Emmanuel Carrère sur Jean-Claude Romand, L'adversaire, pose notamment cette question là (des limites de l'empathie - au sens morale). Dans sa forme même et non dans son contenu. Je crois qu'il y a une dimension nécessairement amorale (ou extra-morale) dans la réflexion sur l'empathie, de toute façon. L'empathie demande une suspension du jugement sur l'autre.
Ainsi quelqu'un qui adopterait une attitude prescriptive visant à signifier à quelqu'un son manque d'empathie pourrait être désigné comme témoignant lui-même d'une absence d'empathie envers la personne à qui elle entend prescrire cette attitude comme étant la bonne.
L'empathie ne peut donc se situer sur le même plan que les normes morales.
Car l'empathie s'annule si elle impose quoi que ce soit, elle doit laisser être sans juger et partir de l'affect primaire sans y assigner un quelconque jugement.
C'est pourquoi, à mon sens, l'empathie passe aussi par un affect corporel dont l'expérience peut être partagée, je ne peux pas me défaire de cette idée. Car comme dit Wittgenstein, un mal physique ne peut pas être transposé sur une autre personne et j'ai l'impression que l'empathie contient aussi en germe cette dimension de partage de la sensation ou en tout cas qu'elle serait véritablement possible à cette condition seulement.
Je pense qu'il faut aussi distinguer l'empathie de la compassion car cette dernière rejette la souffrance comme "hors de soi" dès lors qu'elle est proférée. Elle peut prendre la forme verbale de l'expression "Mon pauvre", ce qui signifie "c'est ta douleur et non la mienne".
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- CarnyxNeoprof expérimenté
Quand on travaille dans un lycée, on s'aperçoit que beaucoup d'ados ont, contrairement à ce qu'on raconte parfois, aussi peu d'empathie que des moules.
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Of all tyrannies, a tyranny sincerely exercised for the good of its victims may be the most oppressive. It would be better to live under robber barons than under omnipotent moral busybodies. The robber baron’s cruelty may sometimes sleep, his cupidity may at some point be satiated; but those who torment us for our own good will torment us without end for they do so with the approval of their own conscience.
- gauvain31Empereur
Carnyx a écrit:Quand on travaille dans un lycée, on s'aperçoit que beaucoup d'ados ont, contrairement à ce qu'on raconte parfois, aussi peu d'empathie que des moules.
Problème d'éducation; il y a des lycéens qui en ont et qui en font preuve... heureusement.
- gauvain31Empereur
Paul Dedalus a écrit:par exemple avoir de l'empathie pour un tueur en série.
Oui, Gauvain, le livre d'Emmanuel Carrère sur Jean-Claude Romand, L'adversaire, pose notamment cette question là (des limites de l'empathie - au sens morale). Dans sa forme même et non dans son contenu. Je crois qu'il y a une dimension nécessairement amorale (ou extra-morale) dans la réflexion sur l'empathie, de toute façon. L'empathie demande une suspension du jugement sur l'autre.
Ainsi quelqu'un qui adopterait une attitude prescriptive visant à signifier à quelqu'un son manque d'empathie pourrait être désigné comme témoignant lui-même d'une absence d'empathie envers la personne à qui elle entend prescrire cette attitude comme étant la bonne.
L'empathie ne peut donc se situer sur le même plan que les normes morales.
Car l'empathie s'annule si elle impose quoi que ce soit, elle doit laisser être sans juger et partir de l'affect primaire sans y assigner un quelconque jugement.
C'est pourquoi, à mon sens, l'empathie passe aussi par un affect corporel dont l'expérience peut être partagée, je ne peux pas me défaire de cette idée. Car comme dit Wittgenstein, un mal physique ne peut pas être transposé sur une autre personne et j'ai l'impression que l'empathie contient aussi en germe cette dimension de partage de la sensation ou en tout cas qu'elle serait véritablement possible à cette condition seulement.
Je pense qu'il faut aussi distinguer l'empathie de la compassion car cette dernière rejette la souffrance comme "hors de soi" dès lors qu'elle est proférée. Elle peut prendre la forme verbale de l'expression "Mon pauvre", ce qui signifie "c'est ta douleur et non la mienne".
l'empathie contient aussi en germe cette dimension de partage de la sensation Tout à fait je le vois aussi comme ça; ces sensations inclus et les sensations physiques et les sensations/sentiments/affect/sensorialité (appelons ça comme on veut) psychiques. Bref cela inclut et les maux du corps et et les maux de l'âme
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
C'est aussi le problème du passage du "je" au "nous" et donc de l'intersubjectivité mais pourtant l'empathie ne saurait concerner le "on" qui ne pense pas et ne fait que prescrire des attitudes et des devoirs-être.
La question de l'empathie pourrait être : comment passe-t-on du "je" à un "nous" pur découlant de l'écologie et non du "on"?
Il y a bien quelque chose de tragique ici, ce que l'on pourrait appeler par substantivation : "l'absolument séparé".
La question de l'empathie pourrait être : comment passe-t-on du "je" à un "nous" pur découlant de l'écologie et non du "on"?
Il y a bien quelque chose de tragique ici, ce que l'on pourrait appeler par substantivation : "l'absolument séparé".
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- gauvain31Empereur
Paul Dedalus a écrit:C'est aussi le problème du passage du "je" au "nous" et donc de l'intersubjectivité mais pourtant l'empathie ne saurait concerner le "on" qui ne pense pas et ne fait que prescrire des attitudes et des devoirs-être.
La question de l'empathie pourrait être : comment passe-t-on du "je" à un "nous" pur découlant de l'écologie et non du "on"?
Il y a bien quelque chose de tragique ici, ce que l'on pourrait appeler par substantivation : "l'absolument séparé".
C'est très difficile de passer du je au "nous" ; certains êtres humains en sont tout simplement incapables. pourquoi? Est-ce un problème d'inné ou d'acquis? Peut-être les deux. C'est très difficile de répondre à cette question car tu soulèves là Paul quelque chose qui relève pour moi du mystère. Probablement les recherches en éthologie et en neurologie pourront apporter une réponse partielle. Y a-t-il des régions du cortex cérébral dédiées à l'empathie ? Je ne sais pas du tout. Car il me semble que l'empathie va bien au delà de l'altruisme, comportement bien étudié chez les animaux
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Je voulais dire Egologie et pas écologie
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- User20401Vénérable
Les neurones miroirs nous permettent de ressentir l'émotion d'autrui et seraient donc à la base de l'empathie...gauvain31 a écrit:Paul Dedalus a écrit:C'est aussi le problème du passage du "je" au "nous" et donc de l'intersubjectivité mais pourtant l'empathie ne saurait concerner le "on" qui ne pense pas et ne fait que prescrire des attitudes et des devoirs-être.
La question de l'empathie pourrait être : comment passe-t-on du "je" à un "nous" pur découlant de l'écologie et non du "on"?
Il y a bien quelque chose de tragique ici, ce que l'on pourrait appeler par substantivation : "l'absolument séparé".
C'est très difficile de passer du je au "nous" ; certains êtres humains en sont tout simplement incapables. pourquoi? Est-ce un problème d'inné ou d'acquis? Peut-être les deux. C'est très difficile de répondre à cette question car tu soulèves là Paul quelque chose qui relève pour moi du mystère. Probablement les recherches en éthologie et en neurologie pourront apporter une réponse partielle. Y a-t-il des régions du cortex cérébral dédiées à l'empathie ? Je ne sais pas du tout. Car il me semble que l'empathie va bien au delà de l'altruisme, comportement bien étudié chez les animaux
- RogerMartinBon génie
Vous n'avez toujours pas parlé de rang au CAPES? Prévenez-moi, hein, qu'on s'informe.
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Yo, salut ma bande ! disait toujours le Samouraï.
I User5899.
User 17706 s'est retiré à Helsingør.
Strange how paranoia can link up with reality now and then.
- dandelionVénérable
Le rang au Capes? J'ai dû louper un épisode.
Paul Dedalus, le problème de l'empathie, c'est que venir sur un forum pour en chercher, ça ne remplacera ni le soutien de proches, ni le soutien médical. Et comme la mise à distance, ça permet aussi de ne pas sombrer dans la folie, tu ne pourras pas trouver d'empathie par média interposé.
Paul Dedalus, le problème de l'empathie, c'est que venir sur un forum pour en chercher, ça ne remplacera ni le soutien de proches, ni le soutien médical. Et comme la mise à distance, ça permet aussi de ne pas sombrer dans la folie, tu ne pourras pas trouver d'empathie par média interposé.
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Ça n'a aucun rapport en l'occurrence, on réfléchit par nécessité humaine et pas que pour avoir le CAPES.
Mais si vous voulez signifier que j'ai ramené trop souvent le sujet sur le tapis, vous avez raison mais ça montre aussi à quel point je manque d'estime.
Bref...
Je vais faire une réponse construite à partir des analyses d'Husserl et d'Edith Stein.
Les neurones miroirs je ne connais pas, il faut que je m'informe.
Entendu au café : "c'est tellement facile de dire à quelqu'un qu'il est égoïste".
Je suis d'accord car c'est un reproche qui ne tient pas compte de l'intersubjectivité.
En un sens traiter quelqu'un d'égoïste est une contradiction logique ou du moins une pétition de principe.
Mais si vous voulez signifier que j'ai ramené trop souvent le sujet sur le tapis, vous avez raison mais ça montre aussi à quel point je manque d'estime.
Bref...
Je vais faire une réponse construite à partir des analyses d'Husserl et d'Edith Stein.
Les neurones miroirs je ne connais pas, il faut que je m'informe.
Entendu au café : "c'est tellement facile de dire à quelqu'un qu'il est égoïste".
Je suis d'accord car c'est un reproche qui ne tient pas compte de l'intersubjectivité.
En un sens traiter quelqu'un d'égoïste est une contradiction logique ou du moins une pétition de principe.
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- WonderWomanBon génie
Ou alors leur empathie n'est pas dirigée vers ce à quoi on s'attendrait / voudrait qu'elle soit dirigée ...gauvain31 a écrit:Carnyx a écrit:Quand on travaille dans un lycée, on s'aperçoit que beaucoup d'ados ont, contrairement à ce qu'on raconte parfois, aussi peu d'empathie que des moules.
Problème d'éducation; il y a des lycéens qui en ont et qui en font preuve... heureusement.
Il existe peu de gens qui sont complètement dépourvus d'empathie dans toutes les situations.
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Vide dressing petite fille https://www.vinted.fr/membres/15210542-wiwiagathe
Vide dressing sur néo : https://www.neoprofs.org/t128716-vd-fille-wonderwoman-du-3-mois-au-4-ans-sergent-major-jacadi-zara-dpam-kiabi-verbaudet#4954294
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Précisément, c'est pourquoi intersubjectivité et empathie sont liées.
Pour moi il faut intégrer la pensée de la différence au problème de l'empathie.
Pour moi il faut intégrer la pensée de la différence au problème de l'empathie.
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Marcel Jousse
- barègesÉrudit
Cicyle a écrit:Les neurones miroirs nous permettent de ressentir l'émotion d'autrui et seraient donc à la base de l'empathie...gauvain31 a écrit:Paul Dedalus a écrit:C'est aussi le problème du passage du "je" au "nous" et donc de l'intersubjectivité mais pourtant l'empathie ne saurait concerner le "on" qui ne pense pas et ne fait que prescrire des attitudes et des devoirs-être.
La question de l'empathie pourrait être : comment passe-t-on du "je" à un "nous" pur découlant de l'écologie et non du "on"?
Il y a bien quelque chose de tragique ici, ce que l'on pourrait appeler par substantivation : "l'absolument séparé".
C'est très difficile de passer du je au "nous" ; certains êtres humains en sont tout simplement incapables. pourquoi? Est-ce un problème d'inné ou d'acquis? Peut-être les deux. C'est très difficile de répondre à cette question car tu soulèves là Paul quelque chose qui relève pour moi du mystère. Probablement les recherches en éthologie et en neurologie pourront apporter une réponse partielle. Y a-t-il des régions du cortex cérébral dédiées à l'empathie ? Je ne sais pas du tout. Car il me semble que l'empathie va bien au delà de l'altruisme, comportement bien étudié chez les animaux
Un mot de non-philosophe.
Je reprends cette histoire de neurones miroirs, bien que je ne sois pas scientifique non plus (en fait, je fais du café du commerce )
On confond souvent "sympathie" et "empathie".
L'empathie n'est pas toujours une capacité rationnelle positive. Quand j'ai entendu parler des neurones miroirs, et de la connexion en partie inconsciente qu'ils établissent entre les gens, ça m'a bien parlé - mais pas de quoi me réjouir.
Il m'est arrivé d'être complètement inefficace dans des relations humaines ou d'agir à contre-courant à cause d'une souffrance ou d'une joie que je pouvais ressentir mais qui n'étais pas attribuable à ce qui m'arrivait. Quand j'ai pu y repenser plus tard, je me disais que j'avais été mise sur une fausse piste par un sentiment ou une sensation que je subissais à la place de... - de quelqu'un que je voyais, ou de quelqu'un dont je me souvenais.
Est-ce qu'il s'agissait de ce "pont" en partie inconscient entre les gens ? Est-ce qu'on n'a pas la même proportion de neurones miroir ? Est-ce que par apprentissage ou en fonction de son vécu on est plus ou moins "abrité" de ces connexions involontaires ?
Ce ne sont que des questions.
En tout cas pour moi et tel que je la vis, l'empathie n'est pas que positive, pour agir "bien", pour ne pas faire de mal aux autres, pour une vie sociale épanouie.
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Tout à fait d'accord!
C'est bien pour cela qu'il est intéressant de la penser : elle permet d'élever le débat au-delà de considérations moralisatrices et normatives qui n'ont pour effet que de culpabiliser le sujet désigné comme égoïste et de l'ostraciser.
Or, l'empathie est également liée à une dimension physiologique de notre être. Il est dangereux d'en faire une catégorie morale. Elle est une disposition naturelle et donc s'apparentant à de l'inné et de l'irréfléchi.
C'est bien pour cela qu'il est intéressant de la penser : elle permet d'élever le débat au-delà de considérations moralisatrices et normatives qui n'ont pour effet que de culpabiliser le sujet désigné comme égoïste et de l'ostraciser.
Or, l'empathie est également liée à une dimension physiologique de notre être. Il est dangereux d'en faire une catégorie morale. Elle est une disposition naturelle et donc s'apparentant à de l'inné et de l'irréfléchi.
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« Ma science ne peut être qu’une science de pointillés. Je n’ai ni le temps ni les moyens de tracer une ligne continue. »
Marcel Jousse
- User20401Vénérable
L'empathie n'est effectivement pas toujours une bonne conseillère et il faut savoir la raisonner.
Pour ce qui est des neurones miroirs, ils ne sont pas aussi présents chez tous les individus. On trouverait par exemple un déficit dans leur activation chez les personnes souffrant d'autisme. Ça pourrait expliquer une partie de leurs difficultés d'interaction avec autrui. A l'inverse, chez des personnes hypersensibles, une des hypothèse serait que ces neurones seraient trop activés et donc ces personnes souffriraient d'un excès d'empathie (qui peut aussi être nocif pour les interactions sociales).
Tout ça est encore bien entendu largement en cours de recherche.
Pour ceux que ça intéresse, Jean-Claude Ameisen avait fait une série d'émissions sur le sujet sur France Inter.
Pour ce qui est des neurones miroirs, ils ne sont pas aussi présents chez tous les individus. On trouverait par exemple un déficit dans leur activation chez les personnes souffrant d'autisme. Ça pourrait expliquer une partie de leurs difficultés d'interaction avec autrui. A l'inverse, chez des personnes hypersensibles, une des hypothèse serait que ces neurones seraient trop activés et donc ces personnes souffriraient d'un excès d'empathie (qui peut aussi être nocif pour les interactions sociales).
Tout ça est encore bien entendu largement en cours de recherche.
Pour ceux que ça intéresse, Jean-Claude Ameisen avait fait une série d'émissions sur le sujet sur France Inter.
- JPhMMDemi-dieu
Qu'est-ce que l'empathie ?
Je connais le mot bien sûr, donc vous aurez compris ma question.
Je connais le mot bien sûr, donc vous aurez compris ma question.
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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. — John Locke
Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
En philosophie spécifiquement :
Wikipédia a écrit:Le terme empathie a été créé en allemand (Einfühlung, « ressenti de l'intérieur ») par le philosophe Robert Vischer (en) en 1873 dans sa thèse de doctorat Über das optische Formgefühl pour désigner l'empathie esthétique, le mode de relation d'un sujet avec une œuvre d'art permettant d'accéder à son sens. Adam Smith utilisait le terme de « sympathie » pour désigner ce qui est actuellement considéré sous le nom d'empathie (non esthétique). Le mot « empathie » fut par la suite réutilisé en philosophie de l'esprit par Théodore Lipps (une influence reconnue de Sigmund Freud et des phénoménologues) pour désigner, dans ses premiers écrits, le processus par lequel « un observateur se projette dans les objets qu'il perçoit ». Plus tard, Lipps introduisit la dimension affective dont héritera notre conception moderne : l'Einfühlung caractériserait par exemple le mécanisme par lequel l'expression corporelle d'un individu dans un état émotionnel donné déclencherait de façon automatique ce même état émotionnel chez un observateur.
Le terme a ensuite été repris par Karl Jaspers puis par Sigmund Freud en 1905 dans Der Witz und seine Beziehung zum Unbewussten.
Dès 1907 le terme empathie est utilisé dans la langue française dans le livre L'activité psychique et la vie traduit de Vladimir Mikhailovich Bekhterev par Paul Kéraval.
En 1909, le terme anglophone a été calé par Edward B. Titchener dans un essai de traduction du mot allemand Einfühlungsvermögen, en relation avec l'analyse de Theodor Lipps. Plus tard il a été rétrotraduit en allemand comme Empathie.
C'est dans la traduction des écrits de Lipps par Edward Titchener (en) que le mot empathy fut introduit en langue anglaise puis en français, d'abord sous la forme intropathie (notamment chez les traducteurs de Husserl) avant que le terme empathie ne s'impose.
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- User5899Demi-dieu
Moi-même, je me suis un peu empathé.WonderWoman a écrit:Ou alors leur empathie n'est pas dirigée vers ce à quoi on s'attendrait / voudrait qu'elle soit dirigée ...gauvain31 a écrit:Carnyx a écrit:Quand on travaille dans un lycée, on s'aperçoit que beaucoup d'ados ont, contrairement à ce qu'on raconte parfois, aussi peu d'empathie que des moules.
Problème d'éducation; il y a des lycéens qui en ont et qui en font preuve... heureusement.
Il existe peu de gens qui sont complètement dépourvus d'empathie dans toutes les situations.
- AncolieExpert spécialisé
http://www.franceculture.fr/emission-l-empathie-est-elle-inn%C3%A9e-rediffusion-de-l-%C3%A9mission-du-22-f%C3%A9vrier-2010-2010-04-28.html
- Paul DedalusNeoprof expérimenté
Peut-être que l'empathie c'est éprouver un peu d'effroi à ce que ce soit l'autre et pas moi et ressentir physiquement la détresse de cette impossibilité à prendre sa place - et une forme de douleur. Je ne sais pas.
Mais oui, je crois qu'il y a cette dimension d'effroi qui est importante (je dis cela car je suis tombé sur quelque chose à l'instant et...dur).
Mais l'empathie c'est toujours partir de soi pour dire la douleur, de toute façon, quand bien même c'est la douleur d'autrui.
Mais oui, je crois qu'il y a cette dimension d'effroi qui est importante (je dis cela car je suis tombé sur quelque chose à l'instant et...dur).
Mais l'empathie c'est toujours partir de soi pour dire la douleur, de toute façon, quand bien même c'est la douleur d'autrui.
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Marcel Jousse
- gauvain31Empereur
WonderWoman a écrit:Ou alors leur empathie n'est pas dirigée vers ce à quoi on s'attendrait / voudrait qu'elle soit dirigée ...gauvain31 a écrit:Carnyx a écrit:Quand on travaille dans un lycée, on s'aperçoit que beaucoup d'ados ont, contrairement à ce qu'on raconte parfois, aussi peu d'empathie que des moules.
Problème d'éducation; il y a des lycéens qui en ont et qui en font preuve... heureusement.
Il existe peu de gens qui sont complètement dépourvus d'empathie dans toutes les situations.
Les pervers narcissiques adultes et les petits enfants sont dépourvus d'empathie; Pour les premiers, c'est une maladie et pour les seconds, cela fait partie de leur évolution naturelle
- ShajarVénérable
J'ai appris en écoutant Jean-Claude Ameisen il y a quelques semaines que vers 30 ans se développait chez l'homme une sorte de "capacité d'humanité", on devient plus empathique vers cet âge. Il n'y a pas qu'une question d'éducation.
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